« Donnez à une femme les bonnes chaussures et elle pourra conquérir le monde », ironisait Marylin Monroe. « J’aime que les femmes voient mes chaussures comme de beaux objets, une sorte de bijou hors mode, doués d’un univers propre. Le soulier n’est pas un accessoire, c’est un attribut », détaille quant à lui Christian Louboutin. Deux maximes qui s’appliquent tout aussi bien aux hommes et a fortiori aux Grands Ducs. Car oui, quand madame vous parlera de ses Louboutin, maintenant vous pourrez lui parler de vos patines.

Si la patine n’est pas une chose nouvelle, Berluti ayant été précurseur en proposant des chaussures patinées de couleurs, le concept imaginé et mis en place par Jean-Marie Le Gazel lui donne une dimension accessible, érotique et surtout très novatrice. Le tout dans une boutique de 140 m2, logée au cœur du XVIIème arrondissement.

L’histoire de Jean-Marie Le Gazel, jeune entrepreneur de 35 ans est étonnante. Diplômé des beaux-arts, il s’oriente toutefois vers la mode masculine et notamment vers la chaussure. Déjà chez Hugo Boss, il conseillait à ses clients de faire patiner leurs souliers pour leur donner plus de cachet. Pour les intéressés, il accepte même de le faire lui-même. Dans son salon, d’abord, puis dans une teinturerie de Levallois qui accepte d’exposer quelques paires en vitrine. Le bouche à oreille ne se fait pas attendre et notre ami se trouve bien vite débordé. Il y a plus d’un an, s’associant avec le chausseur portugais, Carlos Santos, il ouvre une boutique de 40 mètres carrés au coeur du Palais des Congrès. Les modèles arrivent blancs, tout blanc et repartent colorés après une longue discussion avec les clients.

Cette semaine, sa boutique s’agrandit de 100 mètres carré. Tout y est pensé avec goût et s’organise autour d’un bar à patine. « Pour moi la patine est comme le graffiti, elle est une forme poussée d’association des couleurs pour donner une personnalité à la chaussure et donc à celui qui la porte », affirme l’artiste patineur.

Grâce à ses chaussures d’une qualité surprenante à des prix accessibles, Le Gazel est, en un rien de temps, venu se faire une place dans le cercle très fermé des chausseurs. Preuve de son succès, alors que nous discutions dans la boutique avec l’intéressé, plusieurs clients sont venus apporter des Weston ou des Corthay à faire patiner. Cette semaine, les Galeries Lafayette lui ont ainsi laissé le champ libre pour installer une collection spéciale. On vous laisse vous déplacer boulevard Haussmann pour en juger.

 

David Medioni

 

JM Le Gazel,
Palais des Congrès de Paris
2, place de la Porte Maillot
Niveau -1
75017 Paris
+33 (0) 1 40 68 03 72
A partir de 340 euros pour une paire de chaussures neuve patinée
Patine seule 80 euros.
http://www.jmlegazel.com