Né en 1948 au Portugal, Julião Sarmento est un artiste contemporain encore méconnu en France. Le MAMAC de Nice lui avait consacré sa première exposition monographique sur notre sol en 2014 : c’est désormais au tour de la Fondation Calouste Gulbenkian, dans le 7ème arrondissement, de mettre en lumière l’oeuvre protéiforme de l’artiste.

Peintre, photographe, sculpteur, vidéaste, Julião Sarmento porte bien des casquettes. Il commence sa carrière avec pour seule ambition la liberté de sa création, alors que la dictature salazariste portugaise vient de s’achever. Depuis, il crée des univers modernes, accessibles, où revient la figure universelle d’une femme sans tête, souvent vêtue d’une petite robe noire : « Je travaille toujours sur cette femme anonyme qui n’existe pas mais qui, pour moi, représente toutes les femmes ».

Face à ces œuvres sensuelles, la position du spectateur est multiple : la posture de voyeur face à une société de plus en plus tournée vers la pornographie (illustrations du marquis de Sade, mausolée photographique à la gloire des actrices X et autres starlettes, striptease vidéo) se mêle à de la curiosité pour des installations énigmatiques, de la compassion, de l’admiration. Déçu que l’on résume souvent ses œuvres à cet aspect sensuel – voire sexuel, Julião Sarmento a pris soin d’y glisser bien d’autres choses, comme la mise en relation des textes et des images, de la littérature et du visuel. Sous les hauts plafonds de la Fondation Calouste Gulbenkian, c’est une belle découverte que l’on nous offre, complète sans être indigeste.

 

Louise Bollecker

 

Julião Sarmento à la Fondation Calouste Gulbenkian
39, boulevard de la Tour-Maubourg,
75007 Paris
Exposition du 20 janvier au 17 avril 2016
Lundi, mercredi, jeudi et vendredi de 9h à 18h, samedi et dimanche de 11h à 18h
Entrée libre

 

Et pour aller avec…
 A voir
Jusqu’au 29 mai, l’Hôtel des Invalides accueille une exposition étonnante : les Internationales graphiques. Avec pédagogie, les décennies 1970-1990 sont abordées par le biais des affiches engagées de l’époque, de la guerre du Vietnam aux droits des homosexuels en passant par l’apartheid sud-africain.
A manger
Les accords mets-vins les plus surprenants et réjouissants vous attendent chez Il Vino, sis sur le même boulevard de la Tour-Maubourg. Un jeune chef espagnol y officie dans un décor sobre et classique à l’italienne : un mélange européen pour une expérience gustative de premier ordre.
A shopper
Chez Scavini, le tailleur n’attend pas le nombre des années : le jeune trentenaire Julien Scavini propose du sur-mesure traditionnel, fort de ses tissus de grande qualité et d’une touche de modernité élégante.