C’est bien connu, la France est une terre d’innovations qui n’ont eu cesse de rendre la vie de chacun plus agréable ou plus élégante. Mais aujourd’hui, on ne vous racontera pas l’histoire du vaccin contre la rage, de l’horloge parlante ou du Minitel mais de celle du polo.

Le polo nait après la Grande Guerre sur les courts de tennis. Jusqu’aux années 1920, les joueurs portaient l’uniforme blanc (une exigence toujours encore en vigueur à Wimbledon). Un habit composé d’un pantalon à pinces, d’une paire de « tennis » en toile blanche, d’une chemise à manches longues, d’un pull col V en laine à ses couleurs et d’un blazer. Tous les joueurs doivent tacitement accepter cette formalité. Mais il y a quelqu’un que cela dérange. Cette personne c’est René Lacoste. Car pour celui qu’on surnomme déjà Le Crocodile (ou L’Alligator), la tenue n’est pas du meilleur confort. Aidé de l’industriel polytechnicien André Gillier – à qui l’on devait déjà le slip kangourou – les deux hommes décident alors de développer et de créer un vêtement plus adapté aux mouvements du tennis : le polo.

La « chemise » n’est pas encore appelée Polo mais elle en a déjà toute l’anatomie. Le vêtement est coupé dans du piqué de coton importé de Jersey (île anglo-normande spécialisée dans la bonneterie ou tricotage qui équipait dès la fin du XIXème les joueurs de Polo, d’où son nom) bien plus confortable et élastique que la trame des chemises portées jusqu’alors. Son col, sans pied, permet plus d’aisance au niveau du cou. Les manches sont courtes, terminées par du bord cote. Une patte de boutonnage accueille quant à elle deux ou trois boutons. Enfin, le pan arrière est légèrement plus long pour éviter que le polo sorte quand il est porté rentré.

Produit typiquement français, le succès du polo Lacoste fera bien des imitations. Les plus connues étant celles de l’anglais Fred Perry et de l’américain Ralph Lauren. Mais le plus beau polo reste celui créé par René Lacoste. Depuis plus de quatre-vingt ans, l’original et classique deux boutons est un indémodable. Même si la marque a souffert d’une image ternie dans les années 1990, on fait confiance à Felipe Oliveira Baptista, directeur artistique de la maison, un homme de goût et fin connaisseur en matière d’habillement masculin, pour la remettre sur les rails.

Depuis son arrivée chez Lacoste en 2010, le polo n’a jamais été aussi stylé. Confortable et aéré, il est idéal en printemps-été. On le porte sur un chino, ou un jeans, avec des mocassins, ou des tennis. Pour éviter les coups de froid en fin de journée, équipez-vous d’un un pull col rond et d’un blazer. Il ne vous restera plus qu’à mettre votre col de polo sur la veste, pour éviter le look petit garçon, et vous vous rapprocherez de l’esthétique chic de la French Riviera du début du siècle. Ce qui, en revanche, ne se fait pas sera de le porter boutonné jusqu’en haut, à moins de faire du fixie dans le XIème, ou de lever systématiquement le col, sauf si là encore vous passez vos vacances à faire de la voile à La Baule avec la famille Duquesnoy…

 

Gauthier Borsarello

 

Polo Shop par Lacoste