Du beau, du chic, du glamour… Jusqu’au 26 février, la BnF expose la vision que Richard Avedon avait de la France des années 50 à 70. Un témoignage photographique de premier choix, aussi élégant que puissant.

L’exposition « La France d’Avedon », sous-titrée « Vieux Monde, Nouveau Look », est une parenthèse enchantée. Un peu plus de dix ans après la mort de l’emblématique photographe de mode, on redécouvre avec bonheur la force de ses clichés. Mais d’abord, leur légèreté, puisque le parcours tout en courbes de la BnF s’ouvre par la virevoltante silhouette d’Audrey Hepburn dans Funny Face (Stanley Donan, 1956), film sur lequel il fut le consultant visuel.

Incroyablement moderne, le regard d’Avedon imprime une idée de la France qui se fixera dans l’imaginaire collectif. Si ses clichés touchent autant, c’est parce qu’ils renvoient à une image fantasmée de notre pays, celle reflétée pour les lecteurs américains du Harper’s Bazaar, de Vogue ou du New Yorker. Ces magazines de mode portent aux nues ce New Look révolutionnaire initié par Christian Dior en 1947 et l’élégance française enviée de tous. Entre leurs pages, Avedon photographie les mannequins les plus emblématiques du moment, parmi lesquelles Twiggy ou Stéphanie Seymour. Comme une transition entre les décennies, on découvre les visages de Catherine Deneuve, Coco Chanel, Pablo Picasso, Isabelle Adjani, Jeanne Moreau, Bernard Buffet et Jean Cocteau… Du glamour, de l’élégance, de la classe mais aussi une touche de rébellion dans les regards, une originalité dans le mouvement.

La dernière partie de l’exposition est particulièrement révélatrice de l’engagement de Richard Avedon qui a cherché l’aspérité dans des clichés finalement pas si propres sur eux. Consacrée au magazine Egoïste, la salle regroupe des portraits originaux de personnalités d’exception, de Gérard Depardieu à Sœur Emmanuelle, BHL, Samuel Beckett… Au fil des salles, du charme naïf d’Hepburn à la gravité d’Anouilh, la nostalgie d’une époque révolue, la violence, la tension, la petite histoire dans la grande ont la part belle. Et si d’aucuns en doutaient, on se dit que, décidément, la mode est loin d’être futile.

 

Louise Bollecker

 

La France d’Avedon, Vieux Monde, New Look à la BnF,
Quai François Mauriac, 75013 Paris
Du 18 octobre 2016 au 26 février 2017
Du mardi au samedi de 10h à 19h, dimanche de 13h à 19h
9 € (tarif réduit : 7 euros)

 

    Une vision royale de la France     

En sortant de l’exposition consacrée à Richard Avedon, au bout du couloir, une autre idée tout aussi méliorative de la France vous attend. De spectaculaires globes terrestres de 4 mètres de diamètre se dévoilent dans la pénombre. Offerts par le cardinal d’Estrées à Louis XIV en 1683, ils ont été réalisés par le cosmographe vénitien Vincenzo Coronelli et offrent une représentation synthétique de la Terre et du ciel. Après le glamour des années 1950, place à une époque où le Roi de France était le plus grand au monde.