Décidément, le 7ème arrondissement de Paris a repris des couleurs. Côté gastronomie, de nouvelles tables branchées comme Jaïs et Tomy & Co ont fleuri dans les rues. Le vénérable Divellec a, quant à lui, obtenu une étoile sous la houlette du chef Mathieu Pacaud. Côté culture, jusqu’au 16 avril, c’est le Portugal qui sera à l’honneur, pour le meilleur.

En effet, la paisible fondation Calouste Gulbenkian rend hommage à Ângelo de Sousa, artiste portugais décédé en 2011. À la fois peintre, dessinateur, photographe, sculpteur et vidéaste, il a su constituer une œuvre plurielle et surprenante qui échappe aux définitions faciles. Au vu des grandes toiles monochromes, on juge cette œuvre abstraite, puis on découvre des photographies précises qui mettent en scène le quotidien. On la pense pédante et réfléchie avant d’être intrigué par les petites sculptures en acier et leurs interrogations naïves sur le poids et la matière. On ne trouve pas de liens entre ces styles si différents ? On se surprend à reconnaître la même fascination pour la géométrie dans les clichés en noir et blanc et sur les toiles ; une corde à linge photographiée ressemble soudain au trait d’une précédente esquisse. Intellectuel autant qu’instinctif, Ângelo de Sousa n’établit de hiérarchie ni entre les genres, ni entre les sujets de ses travaux. Passionné par les techniques de création, il n’en délaisse pas pour autant l’histoire de l’art et la réflexion.

Plutôt brève, l’exposition est lumineuse et laisse la part belle à l’imagination du spectateur. Elle constitue un bon point de départ pour appréhender l’œuvre de Sousa, en donnant un aperçu complet des différents formats choisis par l’artiste. Si, toutefois, vous manquiez de repères pour apprécier pleinement la visite, faites une halte dans le bâtiment à gauche de l’entrée. Une vidéo permet d’entendre les explications d’Ângelo de Sousa sur son art – une clarification bienvenue. Dans la cour, n’oubliez pas non plus de présenter vos hommages à la jeune femme sculptée par Julião Sarmento, l’artiste qui avait eu les honneurs de la Fondation Gulbenkian l’année dernière. Victime de l’habituelle malice de son créateur, il lui manque un bout de crâne, mais cela n’ôte rien à sa superbe.

 

Louise Bollecker

 

« Ângelo de Sousa. La couleur et le grain noir des choses »
à la Fondation Calouste Gulbenkian
39 Boulevard de la Tour-Maubourg
Du 25 janvier au 16 avril 2017
Lundi, mercredi, jeudi et vendredi de 9 h à 18 h, samedi et dimanche de 11h à 18h
Entrée libre