La galaxie des parfums « de niche » ne cesse de se découvrir de nouveaux horizons. Apparue très récemment sur le marché, la marque Aether fait le pari de nous propulser dans un univers olfactif composé à 100% de notes de synthèse. Des fragrances douées pour déstabiliser, car dépourvues de références précises à la parfumerie classique. Est-on dans le boisé ? le floral ? l’ambré ? On est ici et nulle part. Oubliez votre alphabet. Chez Aether, on parle plutôt d’accord néoprène (pour le parfum Carboneum), d’une poignée de sable plongée dans l’alcool (pour Muskethanol) ou de l’odeur de la paix (pour Etheroxyde)… Oui, le concept frise l’abstraction. En cela, il peut agacer. Mais en offrant aux nez qui collaborent avec elle de pousser aussi loin les curseurs, la marque les incite à livrer des tableaux olfactifs avant-gardistes bluffants et souvent brillants.

 

 

La dernière création en date, Methaldone, conçue par Rodrigo Florès-Roux, vise haut : (re)créer l’odeur de l’espace, et ses « effluves de métal chauffé à blanc ». Sur peau, l’accord métallique – dont on ne parvient à dire s’il est glacial ou brûlant – fuse avant de livrer, au fil des minutes, des nuances d’encens et l’écho d’une rose lointaine. Le sillage est addictif, sec et abstrait. Il enveloppe longtemps celui (ou celle) qui porte Methaldone. On aime beaucoup cette composition audacieuse, à recommander aux Grands Ducs en quête de sensations olfactives inédites et n’ayant pas peur d’afficher un caractère affirmé et un brin décalé.

 

Guillaume Tesson
Photographies :  Roberto Greco


Aether
Methaldone
Eau de parfum : 50 ml (100 €) et 100 ml (150 €).