Avant-hier – En 1988, naissait dans une famille de musiciens un petit garçon. Après les hochets, ce fut l’archet. Celui d’un violoncelle, puis d’une contrebasse qu’il a exercé de conservatoire en orchestre, à Lyon, Toulouse, Paris. En parallèle, il s’intéresse à l’art, et cultive son goût pour les collections. Pas d’images Panini mais de vêtements vintage, de bijoux anciens, de montres… Et à 24 ans, pendant qu’il accumule ses trésors dans ses placards, on le retrouve chez Tajan où il gère la vente d’instruments de musique. Gauthier Borsarello, c’est ça : l’alliance de l’objet et de son histoire.

Hier
– Le vêtement l’emporte sur les notes. Premier choix déterminant dans sa vie d’homme de moins de 30 ans : arrêter la musique pour ne se consacrer qu’à cette passion du vêtement vintage. Comme son grand-père autrefois spécialiste de camouflage, il aime chiner, trouver des pièces rares. Il s’intéresse à un bouton ou une couture, à cette déchirure qui fait de ce pantalon un objet unique. Après avoir affiné son expertise chez Ralph Lauren, en tant que « vintage specialist », il crée Vintage for fashion, son showroom dans lequel il délivre ses conseils, vend et se sépare de ces fringues en disant : « à chaque fois, ça me tord le bide de voir partir une pièce ». Ses clients sont des artistes, des stylistes, des photographes…

 

Aujourd’hui – On le retrouve devant un Perrier grenadine. Allure juvénile, il porte une casquette, une chemise rayée sous un joli blaser. Inénarrable, il évoque avec un immense sourire l’histoire des tailles de vêtements, nous embarque dans un voyage auprès des militaires américains ou des tailleurs français dans cette seconde moitié du XXème siècle. Il a le débit rapide des gens passionnés, un discours construit et captivant sur l’art du vêtement. Avec ces questions qui tournent en boucle chez lui : c’est quoi cette pièce ? Comment a-t-elle été fabriquée ? Par qui ? Pour quoi ? Avec lui, un vêtement, c’est une âme.

Demain – Dans quelques semaines, Gauthier Borsarello déménagera son showroom du XIème au XVIème arrondissement. Il sera dans les murs de Holiday Paris, autre lieu surprenant où l’éclectisme artistique est de mise. En attendant, il prodigue ses conseils auprès d’un grand directeur artistique. Et nous réserve encore quelques surprises.


Eva Roque

 

Vintage For Fashion Showroom
4 impasse des 3 soeurs
75011 Paris
Tél 06 50 81 83 22
Sur rendez-vous

 

Dans la tête de Gauthier Borsarello 

 

Le plaisir auquel tu ne résistes pas ?
Un dîner entre amis.

Le plat que tu sais cuisiner les yeux fermés ?
Les coquillettes au beurre et au jambon.

Le plat que tu commandes systématiquement au restaurant dès qu’il est à la carte ?
La côte de bœuf.

Tu as vingt euros en poche pour déjeuner à deux : que fais-tu ?
Un jambon beurre dans une brasserie qui les prépare minute.

La musique incontournable à écouter avec son whisky (ou son verre de vin) après le dîner ?
Symphone de Brahms.

Ta plus belle ivresse sans alcool : quand et avec qui ?
Avec ma femme sur la route de notre retour à Paris après notre mariage à Bayonne.

Une automobile de rêve pour tailler la route ?
Une voiture allemande neuve en location qui démarre tous les matins.

Un accessoire dont tu ne peux pas te passer ?
Ma collection de bijoux indiens sélectionnée par Harpo qui me guide dans mon choix d’artistes et artisans amérindiens.

La pièce de ta garde-robe à laquelle tu es le plus attaché ?
Une chemise de l’armée américaine de la WW1 extrêmement rare offerte par ma meilleure amie.

Le mauvais goût que tu assumes ?
Mes casquettes de baseball portées avec des costumes.

Un geste, une attitude qui fait chic et de bon ton mais que tu détestes ?
Serrer la main d’un ami que tu connais depuis des années au lieu de l’embrasser chaleureusement.

Le personnage historique contesté qui te fascine ?
Napoléon.

Le livre que tu n’as jamais pu finir ?
« La Peste » de Camus.

As-tu déjà attiré les regards en lisant ? Si oui avec quel livre ?
Tintin dans le métro.

La dernière fois que tu as porté un toast ?
Avec des amis très proches au Holiday Café récemment.

Ce qui reste de l’enfant que tu étais ?
Tout.

Le détail chez une femme qui t’émeut ?
Le port de tête.

Ton meilleur lieu pour faire l’amour dans Paris ?
Mon lit.

Où se trouvent les plus belles femmes de Paris ?
Dans les musées.

L’événement pas encore organisé par les Grands Ducs mais que tu ne raterais sous aucun prétexte ?
La visite d’une collection privée d’un collectionneur passionné, de quoi que ce soit.

Dans quel endroit emmènerais-tu tes amis Grands Ducs ?
Au Georges pour une grande bouffe.

Le parrain idéal des Grands Ducs ?
Philippe Noiret.

 

Vous aimeriez rejoindre Les Grands Ducs ? Discutons !