Nous sommes au mois de février 1970. Betty Catroux, jeune mannequin androgyne à la chevelure blonde, muse d’Yves Saint Laurent, pose pour le magazine Vogue avec son mari François, décorateur d’intérieur. Betty et François Catroux par Horst P.Horst, ca. 1970

L’histoire
Betty fut l’égérie et la complice des nuits blanches d’Yves Saint-Laurent dans ce Paris des années soixante-dix qui sentait bon le sulfureux, le décadent et une certaine liberté d’agir. Du Palace au Sept en passant par Régine, elle plongera dans les abîmes de la nuit entraînant le créateur avec elle. Une autre époque. Il la voyait si « longue, longue, longue » du haut de son mètre quatre-vingt-trois qu’il décidera de la faire incarner le style masculin féminin YSL. Des années plus tard, le futur maître du porn chic Tom Ford ne s’y trompera pas non plus : alors qu’il devient le directeur artistique de la marque de 2000 à 2004, Betty devient sa muse.

L’Instant Grand Duc
Le couple prend la pose dans un salon digne, aujourd’hui encore, de figurer dans l’exposition annuelle orchestrée par le magazine AD sur le style français. ; les tables Knoll en marbre gris, le canapé filant tout en courbes, le cendrier protéiforme…

Elle, pieds nus sur le canapé dans sa combinaison saharienne ceinturée, les cheveux blonds platine, ses yeux de chat regardant au loin. Lui, profil aquilin et bronzé, une Tank Cartier au poignet et une cigarette au bout des doigts, habillé d’un ensemble chemise militaire pantalon de couleur olive et foulard noué, regardant dans la même direction que son épouse. Il tient du Jean-Pierre Léaud, du Dutronc, du Maurice Ronet. De cette allure du play-boy des années d’élégance fêlée, roulant à vive allure, cheveux au vent dans des cabriolets italiens.

Tout ici rend hommage au vêtement androgyne et surtout à la saharienne, magnifiée par Yves Saint Laurent. Betty et François pourraient échanger leurs tenues respectives. Elle est terriblement sexy, il l’est aussi. La saharienne est alors un must, son style provenant du vestiaire militaire avec sa coupe ajustée, ceinturée et sa couleur typique, indéfinissable. Aussi pratique qu’élégante. A posséder d’urgence dans son vestiaire, tout comme cette couleur kaki qui sied si bien aux costumes en coton, pantalons Chino et autres blazer d’été. Et bien entendu, votre moitié pourra vous l’emprunter…

 

Guillaume Cadot

 

Ou trouver la saharienne ?
Chez Hackett, Ralph Lauren,
J. Keydge, Zegna,
Boglioli, Aspesi,
Gucci, Beretta
et bientôt chez Cadot