L’histoire

Mai 1972, en plein Festival de Cannes, l’acteur Robert Redford s’accorde une pause sur la plage. Il est venu avec Sydney Pollack, le réalisateur du film en compétition Jeremiah Johnson dans lequel il a le rôle principal.

Le style

Pas de doute, nous sommes bien dans les années soixante-dix ! La couleur violette domine dans sa tenue avec un pantalon que l’on imagine en velvet (velours lisse très en vogue à cette époque) et une chemise en piqué de coton comme un polo couleur aubergine. Une ceinture avec des ornements dans l’esprit amérindien rappelle l’attachement de l’acteur pour les grandes plaines de l’Utah. Le style hippie chic était né ! Les derby two tones renforcent l’esprit music-hall et bohème de la tenue. Elles rappellent les spectator shoes, ces richelieus qui ont connu leur heure de gloire dans les années trente puis aux pieds de Fred Astaire.

Sur ce cliché avec Sydney Pollack, au milieu des palmiers du jardin d’un hôtel cannois, on retrouve le même style : l’un porte une sweater zippé en éponge, l’autre un tee-shirt avec motif floral sur l’échancrure, un modèle que nous appellerions aujourd’hui tunisien.

L’instant Grand Duc

Que retenir de tout cela ? La coolitude du style. Impossible d’imaginer aujourd’hui un acteur dans cette posture et dans une tenue non-imposée, qui plus est seul, allongé sur la plage en plein festival !

Ici, pas de plage prenant le nom d’une marque de téléphone ou d’alcool, pas de prêt de vêtements de luxe, pas d’attachés de presse entourant la vedette. Moins de marketing mais plus de glamour. La désinvolture l’emporte. Le naturel triomphe. Et l’humour règne.

Et si, finalement, il fallait aller à la plage comme à la ville, c’est-à-dire habillé ? Nos amis transalpins fréquentent les bagno sans jamais se séparer de leur chemise col cutaway bleu ciel qu’ils mettent tous les jours. N’ayez pas peur des derby bicolores en cuir et toile comme Redford, chic ultime à porter l’été et sur la Riviera. C’est sûr, vous sentirez différent de la clientèle portant (encore) des tongs !

Et pour vous affaires de baignade, retrouvez un bon vieux sac monogrammé comme celui posé négligemment sur le matelas (à gauche de la photo). Un motif très seventies, la doublure imprimée, ici peut-être Gucci, la Maison italienne intimement liée au cinéma et  à ses stars… « A sensational story of murder, madness, glamour and greed » comme le rappelle le titre d’un livre consacré à la marque… Une maxime s’appliquant aussi au monde du cinéma.

Bon Festival !

Guillaume Cadot