Jamais deux sans trois : tel pourrait être le mantra du constructeur nippon pour affronter cette 85ème édition de la prestigieuse course sarthoise, rafler la mise face à Porsche et ainsi conjurer le sort de l’année dernière. Un scénario synonyme de revanche favorisé par une redistribution des cartes, depuis le départ d’Audi, qui se tournerait vers le E- sport auto.

Dans les faits, si Toyota a su cette année marquer d’entrée de jeu son territoire, remportant coup sur coup les deux premières manches du championnat (6h de Silverstone et 6h de Spa-Francorchamps), avec une voiture entièrement repensée (châssis et moteur), il ne faut guère oublier que Porsche n’a pas dit son dernier mot, les moyens du groupe étant désormais portés sur la firme de Stuttgart, qui compte même un transfuge dans ses baquets, André Lotterer coéquipier de Neel Jani et Nick Tandy sur la 919 Hybrid n°1.

Jamais deux sans trois donc, un scénario plausible… Oui mais voilà, la troisième manche est mancelle, et elle dure 4 fois plus longtemps…De quoi réveiller les cauchemars des trois TS050 Hybrid de Gazoo Racing, dont la voiture de tête avait été contrainte d’abandonner en 2016, après avoir mené la course magistralement, et ce à seulement un tour de l’arrivée.

Rien de bien inquiétant pour Kamui Kaboyashi qui a réussi l’exploit de pulvériser le record du tour, lors de la séance de qualification de jeudi soir, avec un chrono de 3’14’’791 permettant ainsi d’aligner la Toyota n°7 aux côtés de la numéro 8 de Buemi-Davidson-Nakajima -tenante en titres des deux dernières manches. Des chronos de bon augure, compte-tenu des efforts financiers considérables de la marque pour permettre d’engager une 3ème voiture sur la course la plus prestigieuse au monde.

Côté LMP2, on compte 25 équipages au départ, toutes équipées en V8 atmosphérique Gibson montés sur des châssis Oreca, Dallara, Ligier ou Alpine. Si les jolies Vaillantes en numérotation inversée 13 et 31 de l’écurie helvète Rebellion Racing ont fait sensation – rappelant les grandes heures de la BD, et la filiation de leurs pilotes (Nelsinho Piquet, Bruno Senna, Nicolas Prost) – il faudra également compter sur l’Oreca n°26 du Team G-Drive avec un français à son volant, Pierre Thiriet. A surveiller également, les Oreca Jackie Chan Racing et l’Alpine n°36 qui voit l’arrivée à son volant du triple vainqueur (Audi, Porsche), Romain Dumas, succédant aux commandes à Nicolas Lapierre, parti quant à lui rejoindre les rangs de Toyota, sur la numéro 9.

Au chapitre de la valse des pilotes, on signale l’arrivée d’un autre triple vainqueur Marcel Fässler -ancien pilote star Audi- en GTEPro sur la Corvette C7.R n°64, remplaçant Jordan Taylor, ce dernier parti quant à lui sur la 63… Vous suivez toujours ? Revenons au GTEPro, bataille à suivre entre les très en forme Aston Vantage (la n°95 et 97) qui ont réalisé les meilleurs chronos des dernières séances de qualification, les Corvette (63 et 65) laissant dans leurs sillons leurs compatriotes US Ford GT, et les chevaux cabrés de Maranello.

En GTam belle première place sur la grille de l’écurie picto-charentaise Larbre Compétition, avec Fernando Rees et sa Corvette n°50 « Human », crée par l’artiste Ramzi Adek, loin de passer inaperçue et rappelant l’époque Art Cars de BMW. Une seule femme est engagée cette année, Christina Nielsen, sur la Ferrari 488 GTEam numéro 65 de l’équipage américain Scuderia Corsa.

Jamais 2 sans 3, cela peut aussi s’adresser à Porsche qui a remporté Le Mans en 2015 et 2016… Début de réponse sous la chaleur sarthoise à 15h, une fois que Chase Carey, le nouveau patron de la Formule 1, aura agité le drapeau, et que les 60 engagés seront lancés. Rappelez-vous, au Mans, tout peut arriver…

Laurène Bigeau


Aujourd’hui à 15h
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