Bordeaux, le nouveau hit des destinations cools et la ville où il fait résolument bon vivre… Surfant sur sa dynamique du moment, les lieux trendy ne cessent de sortir de terre pour proposer un scope de destinations éclectiques où grignoter sur le pouce, boire un verre et même séjourner. Citer Bordeaux sans parler vin, c’est un peu comme parler frite sans ketchup, ou encore, Grands Ducs obligent, blini sans caviar…

Réel précurseur dans la réflexion oenotouristique, le vignoble bordelais s’est rapidement décidé à ouvrir les grilles de ses châteaux à des visiteurs bien trop souvent impressionnés par le faste des lieux et pour qui la consommation de ses vins semblait réservée à une élite. Restaurants, spas, chambres d’hôtes, parcours d’art, parcs et jardins, rares sont désormais les châteaux qui ne se penchent pas sur des formats ad hoc pour véhiculer une image plus accessible de ces vins à la renommée internationale, mais dont le marché français s’est parfois un peu trop éloigné.

Chasse-Spleen a toujours fait rêver…. Ce nom dont on prête la paternité à un Lord Byron venu y trouver refuge pour chasser des idées noires et dont la seule évocation déploie un imaginaire Baudelairien… Ce terroir unique de Graves sis sur les hauteurs, où le Cabernet sauvignon règne en véritable seigneur font de Chasse-Spleen l’icône d’une appellation médocaine aussi chantante que confidentielle : Moulis…

Depuis le 1er mai, la propriété s’ouvre au réceptif avec trois chambres d’hôtes au confort résolument moderne et offre à ses convives de soigner angoisses nocturnes et autres insomnies en se promenant librement la nuit-du crépuscule à l’aube- dans son espace galerie d’art, une perspective nettement plus euphorisante qu’un plan stilnox/mots croisés.

Être enfermé la nuit dans un musée ? le rêve de tout un chacun…. Cette année Chasse-Spleen se penche sur l’œuvre de l’artiste allemand Rolf Julius, exilé dans les 70’s à New York où il s’est illustré en tant que pionnier du « Sound Art ».

Bien sûr les salles d’exposition sont accessibles en version diurne, et la propriété recèle d’une collection d’art permanente – entre chai et parc -où l’on peut ainsi découvrir les œuvres de Vincent Galinet, Felice Varini, Lilian Bourgeat, Anita Molinero, Benoît Maire et bien d’autres, l’occasion de réviser ses bases arty et de scotcher les convives en causant artistes émergents lors des prochains dîners en ville !

Une petite soif ? Bonne nouvelle, il y a également un bar à vin ouvert de mai à octobre, 25 places assises côté jardin pour venir en tribus et où l’on boit et grignote locavore : ambiance grenier médocain, magret gravelax et chèvre charentais, de quoi se la jouer Julien Doré et « vide(r) une cuvée de Chasse-Spleen dans un pull à toi navy marine»…

Laurène Bigeau

Chasse-Spleen

Château Chasse-Spleen
2 Chemin de la Razé, 33480 Moulis-en-Médoc
T. 05 56 58 02 37
Tarifs des chambres : basse saison (mai-juin-septembre-octobre) : 200€ la nuit
Haute saison (juillet-aout) 250€ la nuit