L’inspiration

1982. Nous sommes en plein tournage du film Evil Under the Sun d’après le roman d’Agatha Christie de 1941, mettant en scène son fidèle détective belge, Hercule Poirot. Nous reviendrons un jour sur ce film et son élégance incroyable tant dans les décors que dans les tenues hautes en couleurs des acteurs !

Ici la tenue blanche est de rigueur pour une partie de tennis ! Élégance surannée, désuète, pour s’adonner au sport de la petite balle blanche jaune, mais qui rappelle l’importance de la couleur blanche dans l’univers sportif.

 


2017
. La nouvelle campagne Lacoste et son égérie Novak Djokovic nous rappellent à l’ordre (à raison) : comme l’exige la tradition depuis le tournoi de Wimbledon en 1963, la tenue de tennis se porte immaculée. Une élégance pure qui n’est en revanche pas toujours de mise à Roland Garros…

 

 

 

 

L’histoire
Signe de richesse de par sa difficulté à entretenir, la couleur blanche fut ainsi naturellement attribuée aux tenues réservées à l’activité sportive que seuls les milieux aisés pouvaient pratiquer : les polos et pantalons pour jouer au tennis, la tenue d’escrime, le t-shirt pour l’athlétisme, la combinaison des mécaniciens et pilotes des sports automobiles… Le blanc est la couleur du départ, celle du support de la toile ou d’un mur avant que l’artiste ne s’exprime. Le départ : voilà bien un moment d’une extrême importance dans le monde sportif. Il peut être déterminant.

Le style
On ne militera jamais assez pour la présence du blanc dans la tenue masculine. Ses nuances off-white, selon le bon mot anglais, offrent toutes les possibilités : craie, mastic, calcaire, crème, vanille, lait, écru, ivoire, neige… Une non-couleur qui révèle la tenue, apporte un brin d’audace et illumine celui qui le porte. On le dit salissant. En vérité, le blanc s’embellit lorsqu’il prend les teintes de son environnement. Certains sont addict aux sneakers blancs et pourtant rien n’est plus insipide qu’une paire de Superga, Stan Smith ou Norse Projet d’un blanc immaculé. On l’aime salie, portée, abîmée, patinée ! Sa couleur blanche se transforme pour rendre un modèle unique à celui qui la porte. Elle raconte son histoire. Ne jamais jeter sa vieille paire de Converse blanche. Jamais !

L’instant Grand Duc
Été comme hiver, tel Tom Wolfe et son éternel costume off-white, notre vestiaire se doit de contenir quelques pièces blanches, intemporelles : un t-shirt avec sa poche, un vieux polo Lacoste, une chemise en Oxford avec un vrai col boutonné, une chemise à plastron pour son tuxedo, un jean blanc et usé, un peu tâché, à porter feu de plancher, un pantalon en flanelle crème, un chino mastic, une paire de Buck blanche… et sale bien entendu. On s’inspire volontiers des vêtements blancs selon Lacoste, traversant les époques dans Timeless… Pour la veste, on s’en passera… Sauf si vous étiez un vieil ami de feu Eddie Barclay ou avez hérité une veste de smoking crème d’un oncle vivant sous les tropiques… Très sport tout cela !

Guillaume Cadot