Nul doute que ce sera là l’une des terrasses de votre été parisien, éclose dans un quartier qui ne grouille d’ailleurs pas de tables ensoleillées.

Petit frère du musée Camondo, jouxtant ses portes mais cultivant son indépendance, ce Camondo ne manque en effet pas d’atouts. Un décor très réussi pour commencer, s’ouvrant sur un bar immense grimpant ses jaunes d’or vers le plafond, mêlant aux accents coloniaux (sofa alanguis, matériaux naturels, tapis élimés) un parisianisme bon teint, tendance 40-50. Derrière une verrière, à l’ombre des palmiers et des augustes façades début XXième du Musée voisin, la terrasse s’y découvre en arrière-cour pavée.

C’est donc là que tout se joue. Le petit ballet des plats de plein air pour une clientèle proprette, artiste ou costume gris, apanage du quartier. L’assiette joue les commodités et gagnerait à être plus généreuse (mais la chaleur ne rétrécit-elle pas les appétits ?) On y retrouve les habitués des bistrots à la mode (burrata, bellota, ceviche, tarte au yuzu…) dans une carte de saison où le chef a réussi quand même à glisser quelques clins d’œil canailles comme une belle tranche de Pâté croûte ou un croque « Monceau ».

Pour le reste, le Tourteau au pamplemousse, émulsion de pois chiche ravive les sens d’une belle fraîcheur, le Ceviche de Bonite et grenade, bien assaisonné a de la mâche (trop ?) et la Salade César joue les utilités printanières avec vaillance.

Voici donc une table des beaux jours où l’on passe un bon moment sous les parasols, malgré un service un peu en roue libre, rodage oblige (cela passera, soyez-en sûrs). Attention toutefois à une addition qui peut vite, elle aussi, prendre un coup de chaud.

 

Thierry Richard
(Texte et photographies)

 

Le Camondo
61 bis rue de Monceau
75008 Paris
Téléphone : 01 45 63 40 40
Fermé dimanche soir et lundi
A la carte, compter autour de 50 €
Métro : Monceau