Essai, polar, roman sentimental, historique, beau livre… Il y a autant de lectures estivales que de Grands Ducs ! Voici donc, selon vos goûts, notre sélection des  livres à lire (ou à feuilleter) à la plage cet été…

 

La tresse de Laetitia Colombani
(Roman)

Trois héroïnes sur trois continents. En Inde, Smita est une Intouchable. Une hors caste, condamnée à nettoyer les latrines des autres, et qui rêve de pouvoir envoyer sa fille à l’école. En Sicile, Giulia découvre que l’atelier de son père – avec qui elle travaille – où sont traités de vrais cheveux destinés à des perruques est en faillite. Au Canada, Sarah, avocate réputée et mère célibataire de trois enfants, apprend qu’elle est atteinte d’un cancer. Trois destins qui vont s’entremêler comme les mèches d’une tresse… Laetitia Colombani signe là son premier roman, une ode à la liberté. L’écriture est d’une fluidité remarquable, le récit empreint de bienveillance sans jamais tomber dans la mièvrerie.

Grasset, 224 pages, 18,00€

 

Desert Home de James Anderson.
(Roman)

Route 117, dans le désert de l’Utah. Ben est chauffeur routier. A lui de livrer les quelques habitants perdus dans cette zone aride en produits frais, matériel de bricolage, ou crème glacée… Sur sa route, il croise deux frères vivants dans des wagons abandonnés, Walt, propriétaire d’un diner où plus personne ne met les pieds, John un illuminé… Et puis, il y a Claire, jeune femme envoûtante qu’il a du mal à cerner. Parce que dans cette région, il faut toujours se méfier des apparences. A travers les mots de James Anderson, la chaleur du désert et sa poussière embarquent le lecteur dans un road-movie le long de cette route mystérieuse. Un premier roman noir dans lequel les personnages apparaissent tels des mirages.

Belfond, 396 pages, 20€

 

Le gang des rêves de Luca Di Fulvio
(Roman)

Dans le New York des années 20, Cetta Luminata, immigrée italienne, tente tant bien que mal d’élever son fils. Dans cette atmosphère de rêve américain, le garçon baptisé Christmas, grandit entre des histoires de gangs, dans un quotidien marqué par la violence et la pauvreté. Mais quand son chemin croise celui de Ruth, jeune fille riche, l’espoir d’une vie meilleure apparaît.  Une immense fresque, un récit où l’amour s’impose comme le maître-mot, où le destin de ce garçon et la métamorphose de la cité américaine se dévoilent en parallèle. Il y a une forme de générosité dans les mots de Luca Di Fulvio. Impossible de décrocher.

Pocket, 864 pages, 9,30€

 

Une sœur de Bastien Vivès
(Bande Dessinée)

Antoine a 13 ans et comme chaque année, le voilà dans une maison de bord de mère avec ses parents et son petit frère Titi, le temps des vacances. Des vacances troublées par l’arrivée d’Hélène, 16 ans. L’auteur Bastien Vivès exploite alors les premiers émois d’adolescent, la naissance du désir. D’un trait épuré, la BD s’anime pour donner vie à une histoire comme une sorte de film nous renvoyant à nos propres souvenirs. Emouvant.

Casterman, 216 pages, 20€

 

 

 

Scènes de crime au Louvre de Christos Markogiannakis
(Beaux Arts)

C’est la bonne idée ! L’auteur a sélectionné une série de toiles exposées au Louvre, représentant des meurtres. Chaque œuvre est examinée comme une scène de crime : expertise des blessures, analyse de la psychologie des personnages… Des mini enquêtes passionnantes et illustrées par des chefs-d’œuvres de Rubens, Fragonard, Ingres, Delacroix… Un beau livre à déguster, œuvre par œuvre. Une visite au Louvre par procuration.

Le Passage, 192 pages, 19€

 

 

 

Je ne sais pas dire je t’aime de Nicolas Robin
(Roman)

Dans les rues de Paris, vous pourriez croiser Joachim, devenu célèbre malgré lui après s’être fait largué par sa copine en direct à la télé. Mais aussi Ben qui voit sa vie de couple partir en fumée. Ou encore Juliette, sorte de Bridget Jones, vendeuse de chaussures à des gens qui puent des pieds. Il y a aussi Francine dont l’histoire familiale ressurgit. Et à la télé, les débats électoraux se multiplient. Nicolas Robin s’immisce dans ce quotidien, retrace avec humour, et émotion, le destin des ces personnages dont le seul point commun est ne pas savoir dire « Je t’aime ». Un roman rythmé porté par une écriture où les formules ne sont pas balancées comme des slogans publicitaires mais plutôt comme des uppercuts reflétant l’âme de ces héros du quotidien.

Anne Carrière, 260 pages, 18€

 

Le principe du désir de Saïdeh Pakravan
(Roman)

Direction New-York dans une galerie, Sarah, jeune artiste peintre, croise le regard d’un collectionneur d’art, Thaddeus Clark. Début d’une histoire que Sarah espère longue, et pour cela pense qu’il faut appliquer le principe du désir. Se faire désir, sans trop céder à l’Autre. Et alimenter aussi le sentiment qu’elle n’est pas totalement amoureuse. Un jeu dangereux évidemment… Une écriture subtile avec en guise de décor, le milieu de l’art, entre un tableau de Basquiat et Jackson Pollock.

Belfond, 432 pages, 20€

 

 

La chambre d’ami de James Lasdun
(Thriller)

Un trio : Matthew, son cousin Charlie et sa femme Chloé. Le premier galère, le deuxième a fait fortune. Un été, ils se retrouvent tous ensemble dans une luxueuse maison au cœur des montagnes. Au menu : adultère, drame, trahison et… un meurtre. Mais il vous faudra attendre avant de savoir qui tue qui et quand… Un chef-d’œuvre de suspense à la Claude Chabrol. Et une tension qui croît au fur et à mesure des pages. Un délice.

Sonatine, 288 pages, 19 €

 

 

 

Cœur-Naufrage de Delphine Bertholon
(Roman)

Un message. Un simple message sur un répondeur qui plonge Lyla, traductrice et célibataire, 17 ans en arrière. Retour dans un passé qu’elle tentait d’oublier et qui lui revient en plein visage. Brutal, violent. Souvenirs pourtant délicieux d’un été quelques mois avant sa majorité, d’une histoire d’amour avec Joris, et de l’arrivée d’un bébé inattendu. Cœur-Naufrage, c’est l’histoire d’une suite de non-dits, de rendez-vous manqués qui bouleversent une existence. C’est aussi des mots sur la puissance de l’amour maternel, sur les blessures de l’adolescence. Delphine Bertholon construit son récit à travers ces deux personnages, portant chacune une sensibilité différente. Le cœur vacille à la lecture. Sans naufrage mais avec un émouvant mouvement de tangage.

JC Lattès, 400 pages, 20 €

 

 

Bingo, Père & fils de Jean-François Pigeat
(Polar)

C’est un petit bijou d’humour, d’ironie, de situations rocambolesques. Un roman à vous faire rire à gorge déployée ! Au menu : voyous, trahisons, évasions spectaculaires, scènes d’amour, rottweilers pas si méchants, défense des minorités et des réfugiés et relation père-fils. Tout ça, et plus encore, à travers l’histoire de Florian, jeune homme dont le père est en prison. L’auteur revisite le polar façon Jean Bruce (OSS 117) plus que Michael Connelly. À lire et à partager.

Le Dilettante, 288 p., 18€

 

 

 

 Eva Roque