Il faut, au moins une fois dans sa vie, longer en vieux Defender les rives verdoyantes de la rivière Spey pour comprendre l’âme profonde des whiskies écossais, cette alchimie produite par la nature profonde d’une vallée humide et d’un savoir-faire d’exception. Le whisky naît aussi de l’eau et Aberlour l’a bien compris.

La maison fondée en 1879 par James Fleming dans la bourgade de Charlestown of Aberlour, dans cette vallée du Speyside qui compte plus de la moitié des distilleries écossaises, étend ses alambics à quelques pas de la rivière Spey elle-même. Et ce lien étroit entre les Single Malts Aberlour et l’eau de la Spey ne s’est jamais démenti.

Tout le monde ne le sait pas, mais une eau pure et abondante est la condition indispensable à la création d’un grand Single Malt, lui conférant certaines propriétés aromatiques comme, chez Aberlour, douceur et équilibre. Ce rapport étroit entre la distillerie et le milieu aquatique se manifeste, entre autres, par une étrange cérémonie qui se répète immuablement depuis des décennies en Ecosse : “the blessing of the River”.

Selon cette tradition, à l’occasion de l’ouverture de la pêche au saumon, les écossais vident une bouteille d’Aberlour dans la rivière afin de porter chance et prospérité aux pêcheurs. Un mélange inverse à celui qui veut que l’on verse une goutte de l’eau minérale de la Spey dans son whisky pour en révéler toutes les subtiles saveurs…

« Une eau pure et abondante est la condition indispensable à la création d’un grand Single Malt »

C’est donc dans cette eau claire et fraîche que les pêcheurs écossais des Highlands se livrent à leur sport favori, la pêche à la mouche. De février à septembre, les amateurs y chassent truites et saumons dans des flots bouillonnants, utilisant un lancer particulier que l’on nomme désormais le Spey Cast. C’est alors toute une philosophie de la pêche au lancer qui se développe sur les berges de la Spey, une philosophie empreinte de patience, de rigueur, de précision, à l’image même de la fabrication d’un grand Single Malt.

Ces grands whiskies du Speyside, à l’image d’un Aberlour 16 ou 18 ans, jouissent d’ailleurs d’une palette aromatique si vaste et si raffinée qu’on peut aisément les marier lors d’un repas avec ces même saveurs marines. Même si cela peut sembler audacieux (ça l’est), il ne faut donc pas hésiter à accompagner le saumon, le homard, voire même les huîtres d’un whisky d’exception qui en révélera les notes inconnues !

C’est d’ailleurs le parti-pris retenu par Aberlour pour l’édition 2017 du Aberlour Hunting Club qui rassemble depuis 7 ans les amoureux de grands whiskies et de gastronomie lors de dîners éphémères d’exception. Cette année, c’est du côté de Noirmoutier qu’il faudra tourner nos regards pour découvrir le chef Alexandre Couillon (2 étoiles Michelin), grand spécialiste des poissons et crustacés, qui mettra en scène les accords inattendus entre plats iodés et saveurs maltées. Cette fishing experience se déroulera pour quelques heureux (inscriptions ici) lors de deux dîners seulement, dans un lieu tenu encore secret, à quelques kilomètres de Paris, les pieds dans l’eau.

Pour avoir vécu l’expérience incroyable d’un dîner en pleine forêt l’année dernière, nul doute que nous y retournerons une fois encore. Ce sera l’occasion de déguster, entre autres nectars, un Aberlour 19 ans First Fill Sherry Butt, un single cask vieilli en fût de Sherry d’une complexité et d’une richesse aromatique incroyables. Pas sûr qu’après la dégustation de cette édition limitée et des plats de haute volée d’Alexandre Couillon, on puisse encore pratiquer un lancer de pêche à la mouche des plus orthodoxes…

 

Thierry Richard

 

L’édition 2017 du Aberlour Hunting Club
Aberlour Hunting Club
Dans un lieu tenu secret aux portes de Paris
Dîners les 31 octobre et 1er novembre 2017
Menu en 6 services d’Alexandre Couillon
Présentation durant le dîner d’une nouvelle expression des whiskies Aberlour
Sur réservation uniquement
300 € / personne
36 couverts seulement
Détails et inscriptions
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