C’est la question à se poser lors de votre prochain achat hivernal. Rare, noble et de grande qualité, le cachemire -passé de matière d’exception à composante mainstream des vêtements en maille ou tissés- a perdu de sa superbe, rendant ainsi ses lettres de noblesse à la laine de mouton trop longtemps négligée. Alors Mérinos, Shetland, ou laine cachemire ? Les deux bien sûr : petit traité du bon usage de la maille...

© S.N.S. Herning

« Y’en a qui achètent de l’or, moi c’est du cachemire. Je le mets de côté et j’attends que ça monte ! » – Jean-Paul Belmondo alias François Leclercq dans Le Corps de mon ennemi.

Le sweater en maille

On préfère un bon chandail en laine Mérinos ou Shetland à une version en cachemire. Pourquoi ? La laine respire mieux, elle ventile le corps en fonction de la température extérieure. Le cachemire agit comme une cocotte-minute. Il vaut donc mieux que le temps soit très hivernal !

Il faut prévoir une dépense importante pour un cachemire digne de ce nom. Un deux fils tricoté avec des fibres très longues assurant la robustesse et la douceur dans le temps. Le contraire d’Uniqlo et autres enseignes accessibles qui vous bluffent au premier toucher mais n’offrent rien d’autre qu’une matière se détendant. Résultat : des pulls qui boulochent, une coupe qui ne ressemble à rien, ne vous met pas en valeur et tient trop chaud. Rappelez-vous qu’un bon cachemire ne doit pas être si doux à l’achat. Il le devient avec le temps et des lavages à l’eau froide.

Saint James © Joseph Melin

Si vous n’êtes pas client chez Loro Piana, préférez un vrai sweater en belle laine qui respire, que vous porterez été comme hiver et qui ne s’altère pas avec le temps. Un pull de marin (Saint James ou Armor Lux), un shaggy sweater (on vous en avait parlé ici) : du caractère, un style, de l’authenticité et de la simplicité loin du « chandail col V à la VGE » !

Le cardigan

Vous n’avez pas la possibilité d’acquérir une superbe version col châle en cachemire de chez Brunello Cuccinelli ? Comme pour le sweater, on préfère le cardigan en laine Mérinos, surtout pour le glisser facilement sous une veste.

Michael Caine dans Dressed to Kill (1980) © Hulton archives / Getty images

Le col roulé

Vous êtes marin ? Alors la laine ne vous gratte pas : vous pouvez porter ce véritable turtleneck bien rustique vue chez S.N.S. Herning. Pour les urbains, tournez-vous vers une version plus habillée en laine Mérinos, agréable au toucher, suffisamment chaude et résistante, idéale sous votre blazer d’hiver.

Vous rêvez d’un col roulé en cachemire, on vous comprend. Achetez-en un seul mais un beau. Un quatre fils, bien épais, d’une couleur neutre, bleu marine ou craie, que vous garderez longtemps et qui prendra une belle patine. La note est douloureuse mais envisagée sur du long terme, comme une valise Rimowa !

© Brunello Cuccinelli

L’écharpe et le bonnet

On succombe au cachemire ou au mélange cachemire-alpaga, bref à la douceur extrême et immédiate. Tellement agréable sur la tête (croyez-en ceux qui n’ont plus de cheveux) et au cou. Lavez-les régulièrement pour éviter les bouloches – la barbe est l’ennemi de la maille fragile.

© Loro Piana

Les blazer et sport jacket

Si la laine et ses versions flanelle ou tweed sont très répandues pour nos vestes d’hiver, certaines sont confectionnées à partir de laines mélangées contenant de 5 à 50 % de cachemire. C’est bien, très marketing, mais il y a mieux. En revanche, si vous voulez goûter au confort d’une flanelle 100 % cachemire, on ne vous fera pas de cadeau, mais quelle main ! Réfléchissez bien avant de vous lancer, elle durera toute une vie… Mais vous ne partirez peut-être pas en vacances l’été prochain !

Guillaume Cadot