Sans moustache, j’ai l’impression de ne pas avoir de slip “ disait Jean Rochefort. Si notre Grand Duc préféré nous a quitté, sa moustache est éternelle ! Il l’a rasée une fois pour devenir “Ridicule”, puis s’est ravisé. D’autres artistes français fièrement moustachus se sont un jour risqués à oublier l’importance de leur appendice poilu. On a retrouvé leur trace ainsi dévêtus… Il manque quelque chose !

Jean Rochefort dans Ridicule

Ridicule (1996)

On le revoit détaillant ses notes patiemment classées depuis des années, s’exclamant “naïveté, Gasconnade, Quolibet, Equivoque, Brocard et Calembours…” l’air doux-dingue, enchaînant de sa voix chaleureuse “amphigouri, plaisant paradoxe, boutade maligne, bagatelle piquante et saillie drolatique” devant un Ponceludon médusé… C’est un Jean Rochefort imberbe mais pas sans verve dont on se souvient dans le génial Ridicule de Patrice Leconte.

Jean-Pierre Marielle et Louis de Funès dans Faites Sauter la Banque

Faites sauter la banque (1964)

Il appelait la Grande Sauterelle “mon petit chat” avec son air bougon et sa voix de bariton pleine d’amour. Sa moustache sent bon les années 70. Il ne la porte pas encore dans ce rôle de jeune banquier à la peau douce, ruinant sans vergogne son pauvre commerçant de voisin incarné par un Louis de Funès survolté qui se vengera en visitant sa salle des coffres !

Catherine Deneuve et Patrick Dewaere dans Hôtel des Amériques

Hôtel des Amériques (1981)

On lui connaissait plutôt une petite moustache irrésistible et folle sous un sourire moqueur que démentait son regard. Voici Patrick Dewaere à nu, traînant sa solitude -avec Catherine Deneuve, tout de même, sur la plage de Biarritz hors saison…

Victor Lanoux et Marie-Christine Barrault dans Cousin, Cousine

Cousin, cousine (1975)

Tombeur moustachu, notre éternel Bouli s’était reconverti dans la brocante. Victor Lanoux a pourtant vu sa carrière décoller avec son rôle d’amant de sa cousine par alliance, en beau brun rasé de près…

Jean Ferrat

La Montagne (1964)

Le chanteur défendant sa terre et ses valeurs se fendait d’une longue moustache éparpillée façon épis de blé.On se souvient moins du beau jeune homme imberbe qu’il a été. Pourtant que la moustache est belle !

 

Quant aux Dupont et Dupond du cinéma populaire français, Blanc et Jugnot, la perte de leurs bacchantes respectives leur valut (enfin) respect, rôles césarisés et sagesse… Comme quoi, la moustache ne s’improvise pas !

Guillaume Cadot