Sorti en salles il y a vingt ans, le film pornographique Post-coïtum animal triste de la réalisatrice Brigitte Rouän aurait fait rougir plus d’un grand duc à l’époque (si si !). A l’heure de la nouvelle guerre des sexes, il est à (re)voir absolument.

En 1997, année de sa sortie, il a défrayé la chronique. Pas en raison de son pitch, – une éditrice bien installée dans la vie voit toutes ses certitudes (et plus encore), bousculées par un jeune étudiant ténébreux- , ni pour son casting (Nils Tavernier, Boris Terral, Carmen Chaplin, Patrick Chesnais), mais bien parce que sa réalisatrice est une femme.

A l’époque, Canal + n’a pas encore confié la réalisation de films pornographiques à au sexe féminin. La chose demeure largement du domaine masculin. Rocco est à l’apogée de sa carrière et Marc Dorcel écoule des caisses de DVD.

Brigitte Rouän aurait pu livrer une bien mièvre version d’un mauvais Lady Chatterley contemporain. Il n’en est rien. Elle filme les corps-à-corps avec une justesse incroyable, de la violence et du sexe, sans voyeurisme aucun. On croit absolument au coup de foudre -en tout cas physique- entre le fougueux Emilio et une Diane en pleine crise existentielle.

Le film oscille entre la rugosité de ses parti-pris, et la fluidité du récit, jamais caricatural. Les plans sont incendiaires, les scènes érotiques torrides, le désir omniprésent. Tous les sentiments y passent, et le spectateur est accro. La fin est terrible et on a bien du mal à décrocher.

Dire que certains se plaignent quand les femmes ont repris la main…

Aymeric Mantoux

Après le coït, la bête est triste