Jusqu’au 14 janvier, le musée du Luxembourg met à l’honneur le célèbre peintre flamand Pierre Paul Rubens (1577 – 1640). Grand portraitiste de cour, peintre des personnalités les plus puissantes de son temps – parmi lesquelles Marie de Médicis, Philippe IV d’Espagne, Louis XIII et son épouse Anne d’Autriche ou encore les Gonzague – Rubens est témoin de son époque et compte parmi les artistes qui marquent le début du Grand Siècle.

Portraits de famille

C’est un véritable livre d’histoire illustré : Rubens a représenté les rois, les reines et les nobles des cours de France, d’Espagne, d’Angleterre et des Pays-Bas. Le musée du Luxembourg s’est attelé à retracer les lignées de ces cousins assis sur les trônes de toute l’Europe – idéal pour faire potasser votre progéniture (d’ailleurs, ne faites pas l’impasse sur la boutique de l’exposition, les petits guides pour enfants sont à croquer).

Autoportrait de Pierre Paul Rubens, 1623, Royaume-Uni, Londres, The Royal Collection / HM Queen Elizabeth II © OFGDA

Un focus important est fait sur Marie de Médicis, l’épouse d’Henri IV, qui maria le futur Louis XIII à Anne d’Autriche, la fille du roi d’Espagne… avant d’engager un conflit armé contre son propre fils. Vous suivez ?

De l’artisan au gentilhomme

Le style de Rubens n’est donc pas le seul intérêt de l’exposition qui s’attarde sur les modèles des tableaux et qui présente de nombreux autres artistes (Champaigne, Van Dynck, les élèves des maîtres…). Mais on remarque tout de même que Rubens est emblématique d’un changement profond qui laisse présager du futur règne de Louis XIV. La figure du peintre n’est plus celle d’un simple artisan : ami des puissants, l’artiste est désormais un courtisan, parfois chargé de missions officielles, et un gentilhomme influent.

Détail du portrait d’Anne d’Autriche, reine de France par Pierre Paul Rubens, 1622-25, Etats-Unis, California, Pasadena, The Norton Simon Foundation © OFGDA

La querelle du dessin et de la couleur

Rubens servira également de figure de proue dans une querelle qui agitera tout le XVIIème siècle (et reviendra régulièrement jusqu’au XXème siècle) : le conflit entre le dessin et la couleur. Les partisans du premier, admirateurs de Poussin, estiment qu’une toile est avant tout un récit, une composition intellectuelle qui doit respecter l’unité de temps, de lieu et d’action. En revanche, les coloristes privilégient les émotions spontanées provoquées par une œuvre via les couleurs et l’expressivité. Leur modèle sera Rubens. Et le XVIIIème siècle leur donnera raison.

Louise Bollecker

Musée du Luxembourg, jusqu’au 14 janvier 2018
19 rue de Vaugirard
75006, Paris
Du lundi au dimanche de 10 h 30 à 19 h, nocturne tous les vendredis jusqu’à 22 h, nocturnes supplémentaires jusqu’à 22 h les lundis du 13 novembre au 18 décembre 2017.
Plein tarif : 12 euros