De Pierre Arditi on connaît le charme distingué et le verbe bien placé, la voix charmeuse et l’oeil rieur. Mais c’est aussi un épicurien pour qui les plaisirs de la vie sont un puissant moteur. A l’occasion de sa collaboration autour des vins de la cave de Taillevent, il nous semblait donc naturel de lui poser quelques questions hédonistes…

Les caves du Taillevent

Si vous ne deviez retenir qu’un seul vin, lequel ?

C’est chiant ! Un seul… La première fois que j’ai bu la Romanée-Conti, le jour de mes soixante ans, le 1er décembre… Magnifique. Chez Joséphine rue du Cherche-Midi. J’ai été ébloui, enivré, c’est le terme !

Si vous pouviez retrouver le goût d’un plat ?

Retrouver le goût de la volaille à la crème que me préparait ma mère quand j’étais petit garçon. Elle était belge, et elle faisait une sorte de Waterzoï citronné et crémé…

S’il ne vous fallait porter qu’un vêtement ?

Un pull-over ras-de-cou en cachemire noir, que j’ai commencé à porter quand je tournais L’Amour à mort d’Alain Resnais en 1982. Je me marre d’ailleurs, mon camarade Thierry Ardisson me dit “tu t’habilles comme moi” ce à quoi je lui réponds “ah non, c’est l’inverse, je suis plus vieux que toi et il y a longtemps que je m’habille comme ça !”

Et s’il ne fallait faire qu’un voyage, où partir ?

Bon, c’est bateau mais ça ne fait rien : Venise, quoi qu’il arrive, toujours. Ce n’est jamais fini Venise, on n’a jamais tout vu, tout fait, tout découvert, on ne s’est jamais assez perdu… Et c’est une ville qui est attachée à la relation que j’ai avec ma femme (Evelyne Bouix ndlr), alors chaque fois qu’on y retourne, on a l’impression qu’on a à nouveau dix-sept ans…

Enfin la question du coeur : s’il ne fallait aimer qu’une femme ?

La mienne, bien sûr ! Elle a cet avantage d’être mon compagnon de jeu, ma meilleure amie, ma maîtresse et ma femme, mon enfant, pas ma mère quand même…. Mais un aspect protecteur tout de même. Toutes ces femmes se regroupent en une seule : la mienne.

 

Propos recueillis par Guillaume Cadot

 

Les cinq d’Arditi
S’appuyant sur la profondeur d’un livre de cave riche de 3000 références, les sommeliers de la maison proposent une infinité d’accords entre plats et vins. L’inverse est tout aussi intéressant : aller de la préférence d’un vin vers la suggestion d’un plat. Le chef Alain Solivérès compose dans cet esprit, depuis quatre ans, un « menu-évènement » d’exception autour de cinq vins choisis par un oenophile. En octobre dernier, c’est Pierre Arditi qui proposait ainsi les cinq vins qu’il rêvait de savourer au cours d’un même repas.
Veau – Clos Rougeard, Tourteau – Philipponnat, Crouistllant de mangue et passion – Sauternes, chevreuil – Côte rôtie, aiguillette Saint-Pierre – Silex
A l’affiche

Quelque part dans cette vie, d’Israël Horovitz et Jean-Loup Dabadie
Théâtre Edouard VII du 2 février au 13 mai 2018