Iunx. Même le nom est difficilement prononçable : c’est dire si cette maison de parfumerie ne recherche pas la facilité mais affiche sa singularité, loin des caravanes de parfums de grande consommation. Portrait d’un parfumeur discret cultivant le mystère et la sophistication.

 

Tout démarre en 2003 lorsqu’Olivia Giacobetti (fille du photographe de mode Francis Giacobetti), un des parfumeurs les plus doués de sa génération, ayant collaboré avec l’Artisan Parfumeur, Dyptique, Hermès, Frédéric Malle, Byredo pour n’en citer que quelques-uns, décide de fonder sa propre maison. Elle reçoit le soutien de Shiseido pour se lancer et développer sa gamme de parfums exclusifs, des fragrances allant à l’essentiel, délaissant le gourmand et le capiteux pour la rectitude et la clarté.

Enigmatique, le nom retenu pour cette aventure, Iunx, vient du grec ancien et évoque une forme de séduction particulière, à la limite de l’envoûtement. Une première boutique est ouverte rue de l’Université, puis un corner au sein de l’Hôtel Costes. Las, l’aventure tourne court. Et c’est à nouveau maître de son destin qu’Olivia Giacobetti ouvre enfin rue de Tournon, sans doute l’une des rues les plus chics de la Rive Gauche, l’écrin qu’il fallait à ses eaux d’exception.

« Je ne cesse de simplifier » aime-t-elle à dire. Issus d’un souvenir, d’un moment, d’une émotion, ses créations olfactives vont à l’essentiel, recherchent une forme de vérité et de transparence, de simplicité donc, dont le monde du parfum ne cesse par ailleurs de s’éloigner. A la fois léger et tenaces, les parfums Iunx déploient une palette de notes minérales et végétales, navigant au plus près des senteurs primaires, délicates et intemporelles. On retiendra, parmi tant d’autres, l’Eau Blanche, évoquant le linge séché au soleil d’un après-midi d’été, l’Eau Aztèque (un des best-sellers de la maison) fraîche et fruitée aux délicates senteurs de poire, l’Eau Sento dont la brume chargée de pierre, de bois et d’encens évoque le Japon et, notre préférée, l’Eau Frappée, d’une fraîcheur presque glacée aux vapeurs d’agrumes, idéale sous un soleil de plomb.

C’est donc aujourd’hui dans la boutique-écrin de la rue de Tournon, conçue par Fabienne Conte-Sévigné et Francis Giacobetti, que vous pourrez découvrir ces créations originales. Epurée, noir qui claque, blanc profond, bois brut, lumière tranchante : le japon n’est pas loin de ces lieux. Embrassant une modernité sophistiquée, on y trouve des testeurs « photosensibles », semblables à des pétales de papier : on se penche sur de larges corolles qui détectent votre présence, s’illuminent et diffusent leur parfum comme on sentirait une fleur coupée. Magique !

Les flacons eux aussi la jouent minimaliste (mais pas toujours pratique) en tubes gigantesques que viennent orner des liens de caoutchouc d’un noir profond. On préférera, nomades que nous sommes, les flacons de voyage, mini-tubes de laque rechargeables, superbement conçus et faisant apparaître leur vaporisateurs d’un simple mouvement de main, à l’image d’un bâton de rouge à lèvres.

Voilà donc une maison à découvrir dont la démarche esthétique rigoureuse et discrète nous a terriblement séduits. Allez-y donc les yeux fermés et les narines ouvertes. Vous ne serez pas déçus.

 

Thierry Richard
(Texte et photos)

 

 

Iunx
13 rue de Tournon
75006 Paris
Téléphone : 01 42 02 53 52
Flacons de 150 ml : 160 €
Vaporisateurs rechargeables de 20 ml : 65 €
Recharges (2 x 20 ml) : 55 €
Bougies : 50 €