On dit de la pizza qu’elle dispute au burger la place de mets le plus consommé au monde. Et pourtant, malgré la pluie de pizzerias-trattorias-osterias fleurissant les trottoirs parisiens, il n’est pas aisé d’en dégoter sortant de l’ordinaire, réussissant l’alliance parfaite du bon et du beau et rapprochant un peu plus Paris de Naples. C’est pourtant le cas de Marzo, la belle enseigne de Saint-Germain-des-Près.

Le beau ? Une petite salle aux blancheurs virginales, poutres peintes, tables en pierre opalescente à touche-touche, murs immaculés (à peine quelques photos noir et blanc), bar carrelé, céramiques et au fond, déployant sa gorge rougeoyante, un four immense tapissé de zelliges où Marzo s’écrit en lettres d’or. Il règne ici comme une ambiance de bord de mer, de craie, de vagues mousseuses et de ciel ensoleillé. Et quand la salle a rempli son ventre d’amateurs de tomates, il faut l’entendre déborder les limites sonores de la bienveillance dans un joyeux brouhaha.

Le bon ? On est bien au-delà du bon chez Marzo. Car ce que l’on trouve ici, c’est toute la grâce de l’Italie et le charme d’une cuisine simple, faite maison, généreuse et diablement réussie. Quelques antipastis pour les affamés (l’Insalata di polpo déploie ses tentacules sur un lit d’herbes fraîches que dynamise un trait de vinaigrette légèrement citronnée : c’est délicieux) mais ce qu’on vient engloutir ici, ce sont de superbes pizzas aux compositions originales et produits de première classe. Pâte fine impeccable, craquante mais pas cassante, rebondie moelleusement sur les bords avec ce léger goût de farine qui ramène aux origines. La Puttanesca (tomates, ail, câpres, anchois, olives taggiasche et persil) passe haut la main le test du dénuement parfait. La Splendida (fior di latte, gorgonzola, jambon de parme de 16 mois, roquette) vous enrobe le palais comme jamais, sans jamais verser dans la démesure.

Même les desserts sont impeccables, tous fatto a casa, à l’image de la Panna Cotta all’ Amarena délicate et ronde ou du traditionnel Affogato (glace vanille sur laquelle on verse un café chaud) aux beaux contrastes. La carte des vins joue la botte et assure ; il faudra tout de même compter entre 7 et 9 € pour un Barbera d’Asti du Piémont ou un Vernaccia di San Giminiano (Toscane blanc).

Bref, à l’orée de la rue du Bac, entre les boulevards Saint-Germain et Raspail, on adore ce petit bout d’Italie blanche et bruyante, si réconfortante et savoureuse. Avanti !

 

Thierry Richard
(Texte et photos)

 

 

Marzo
5 rue Paul-Louis Courier
75007 Paris
Téléphone : 01 43 35 08 05
Ouvert tous les jours
Pizzas de 13 € à 21 €
A la carte, compter entre 40 € et 50 €
Métro : Rue du Bac