Ne cherchez pas dans un dictionnaire espagnol la signification d’Oxte, il n’y en a pas. Il s’agit simplement de la contraction des villes de naissance des parents d’Enrique Casarrubias, jeune chef aux commandes de son 36 couverts, ouvert depuis moins d’un mois dans le quartier de l’Etoile.

Si le tout Paris gastronome a ses humeurs et ses envies, l’heure de passer à table sonne désormais résolument mexicaine et l’ouverture d’Enrique, un enfant du pays, était des plus attendues. Ce jeune chef enjoué et à la bonne humeur contagieuse était dans le radar des prescripteurs, le guide jaune l’ayant d’ailleurs soutenu en tant que lauréat de sa Dotation Jeunes Talents de l’édition 2016. Il faut dire que le pedigree d’Enrique, disciple d’Akrame après avoir fait ses armes à Mexico, au Crillon et au George V, laissait présumer d’une cuisine solide et ouverte sur le monde. Une présomption confirmée.

Deux ans après avoir démarré sa quête du lieu idéal et après bien des obstacles, Enrique a posé ses bagages rue Troyon (une rue hautement civilisée) en lieu et place d’une ancienne pizzeria. Ici, point de calzone ou autre margarita (pas non plus de cocktail mexicain givré du même nom), mais un menu du jour propre et sans embûches affiché à 30 € pour la version entrée/plat ou plat/dessert, 38€ pour la totale, plutôt sage pour le quartier.

#restaurantoxte #oxterestaurant #ruetroyon #restaurantparis #octopus #instafood

A post shared by Enrique Casarrubias (@kike_casarrubias) on

Côté entrées, après un ceviche de daurade tout en pep’s version agrumes concombre et épices pour se réveiller la bouche, un poulpe pomme de terre de Noirmoutier salsa verde et oignon tient la dragée haute à un œuf 62 (oui on sait, encore un basse temp’) maïs et émulsion féta. Crémeux, suave et croquant avec sa tortilla en allumettes, on sauce jusqu’au dernier morceau de pain (de Thierry Delabre, succès assuré).

A suivre, des assiettes généreuses. Pour les carnivores, un quasi de veau topinambours oignon – que l’on attaque juste après avoir au préalable choisi son couteau Thiers dans un coffret bois non sans rappeler une boîte à cigare – fondant et juteux. En option bis, un lieu jaune nacré à souhait, agrémenté de piquillos et spaghettis de céleri, coloré (Frida es-tu là ?) et tout en saveurs. Çà et là, la patte mexicaine d’Enrique se fait sentir par touches discrètes mais efficaces, il y a du nerf, de la joie et surtout de l’équilibre.

Côté desserts de cuisiniers, coup de coeur pour la tarte soufflée chocolat banane cacahuètes, servie chaude (comme un soufflé) où prime le cacao intense sans tomber dans le piège de l’excès de sucrosité. Quant à la carte des vins, complète, elle balaie les principales régions viticoles de chez nous et oscille entre noms qui rassurent et découvertes : deux références de Mezcal pour les plus joueurs.

Décor épuré, marbre rose et bois clair pour les tables, velours noir et bleu roi pour les assises, mention spéciale pour la vaisselle en provenance du pays et la table cachée dans une alcôve chaleureuse : quatre couverts en prise directe avec la cuisine pour signer un contrat en toute confidentialité sans perdre un œil sur les coulisses.

Une adresse qui trouvera rapidement sa clientèle d’affaires au déjeuner – ce jour-là, essentiellement masculine – et une plus aventurière en soirée avec un menu dégustation à 65 €, pas mal pour un aller simple pour Mexico !

 

Laurène Bigeau
(Texte et photos)

¡Andale! 

Oxte
5 rue Troyon
75017 Paris
Téléphone : 01 45 75 15 15
Fermé le dimanche
Menus déjeuner à 30 € et 38 €
Menu dîner 65 €
Métro Argentine

 

Vin au verre autour de 8€
42€ le Pinot Gris 2014 Albert Mann,
72€ le Condrieu « Les Terrasses du Palat » 2016  de chez François Villard
46€ le Saumur « Eolithe » du Domaine du Château de Fosse-Sèche