Quelques mois après l’assassinat de JFK à Dallas, le film de Stanley Donen réunissant pour la première et la dernière fois Audrey Hepburn et Cary Grant sortait sur les écrans. Dans une Amérique meurtrie, en pleine crise identitaire, le film à l’élégance hitchcockienne allait devenir culte. Retour sur cette pépite cinématographique, ambiancée par Henry Mancini et habillée par feu Monsieur Givenchy.

Cary Grant et Audrey Hepburn dans Charade, 1963

Le contexte

Parce qu’elle apprend par l’ambassade américaine à Paris que son défunt mari -dont elle souhaitait divorcer- et des complices ont dérobé 250 000 dollars pendant la guerre, Régina Lambert (Audrey Hepburn) se voit harcelée par les voleurs. Rapidement, elle trouve protection et réconfort dans les bras de Peter Joshua (Cary Grant) rencontré un peu plus tôt aux sports d’hiver qui semble connaître les dessous de l’affaire…

Le style

“Du glamour, du suspense, de l’aventure !“ aurait pu annoncer d’une voix nasillarde la bande-annonce de l’époque… Tout a été réuni pour que cette comédie (très Blake Edwards dans le ton) puisse entrer au panthéon du cinéma hollywoodien : l’action se déroule entre Megève et Paris, Audrey Hepburn délicieuse en idiote sympathique et Cary Grant cabotin sont pris dans le jeu de l’amour et du hasard, lui dans son éternel costume sombre droit, elle dans des tenues signées par son ami Hubert de Givenchy.

Le rythme est assuré par la bande-son du maestro des films des années 1960, Henry Mancini et son “Love Orchestra“. Le morceau, intitulé Mégève (écrit avec deux accents) dépeint à merveille l’ambiance du restaurant d’altitude de la station avec ses parasols jaunes désuets (#lavieenjaune !) et ses serveurs en complet vestons croisés blancs.

On assiste tout au long du film au duo stylistique Hepburn-Grant, témoins de soirées auxquelles les hommes s’habillent de noir pour mieux faire étinceler les robes superbes de leurs compagnes. L’élégante sobriété grantienne (costume sombre, chemise blanche et cravate foncée) laisse éclater les couleurs des manteaux Givenchy d’Audrey Hepburn, toujours chapeautée avec allure.

On notera les clins d’œil au Paris touristique avec notamment les anciennes Halles et l’éternel Au Pied de Cochon (dont la carte a été reprise en main récemment) où s’attablent joyeusement nos deux protagonistes. Audrey Hepburn, en robe Givenchy, y commande une soupe gratinée. On aime !

 

On retient quoi ?

Tester la chemise couleur ivoire (vraiment ?)

La chemise off white comme dise les anglo-saxons, c’est dur ! On pourrait penser qu’il s’agit de votre vieille chemise blanche trop datée. Elle fonctionne pourtant sur Cary Grant, avec un costume gris soutenu en flanelle et cravate vert olive. A essayer dans les tons coquille d’œuf ou beurre frais, à l’image d’un Gatsby…

Ressortir son Mac

Après des années de dictature stylistique du Trench, LE raincoat à posséder, pourquoi pas revenir au Mackintosh, son cousin en version droite ? Plus simple, plus facile à porter (tout le monde n’a pas l’allure d’un Delon dans le Samouraï sanglé dans un Trench Coat), il habille facilement le costume et peut couvrir un pull le week-end. Pour le choix de la couleur, restons pratique, le mastic lui va si bien.

Retourner Au Pied de Cochon

Dans le cochon, tout est bon ! L’ institution du quartier des Halles fête cent ans d’existence et n’a jamais fermé. Ouverte 24h/24, elle attire aussi bien les noctambules parisiens, les provinciaux en goguette que les touristes Russes et Chinois. L’endroit avait perdu de sa superbe, mais le nouveau chef semble avoir redonné du goût dans l’assiette. Il faudra donc y revenir déjeuner d’une « Tentation de Saint-Antoine » soit la queue, l’oreille, le museau et le pied de cochon en version panée accompagnés d’une sauce Béarnaise. Le tout dans un décor Belle Epoque, au milieu des lampes en verre Murano…

 

Guillaume Cadot

 

Suspense, comédie et romance