C’est peu dire que le paysage hôtelier parisien est en pleine effervescence. Entre rénovations de palaces, nouvelles ouvertures 5 étoiles et hôtels arty-contemporains quittant beaux quartiers pour quartiers bobos, ça remue sec dans les lobbies. Et côté restos d’hôtels alors ? Même farine : de gros efforts pour soigner nos appétits, avec plus ou moins de bonheur. Exemple en 3 plats à l’Hôtel des Grands Boulevards.

 

S’ils furent jadis un sommet d’élégance et le creuset d’une vie parisienne bouillonnante, les Grands Boulevards n’offrent aujourd’hui au passant que bien peu d’attraits. C’est pourtant toute une foule qui se presse quotidiennement sur ses larges trottoirs où pléthores de restaurants sans âme ni esprit offrents leurs charmes tapageurs.

Il existe pourtant quelques échappées belles, comme ce tout récent Hôtel des Grands Boulevards que l’on découvre en retrait, sous un porche aux arceaux de verdure du boulevard Poissonnière. Au bout d’un large couloir aux parfums de terracotta, un bar à cocktails de poche et, sous une verrière aux larges épaules, un restaurant aux couleurs – déjà – estivales. Bar central, fers forgés, lanternes dorées, briquettes, fauteuils de jardin, c’est toute une ambiance de dolce vita qui se répand sous l’intense clarté zénithale.

L’Italie, quant à elle, aligne ses influences dans les belles assiettes imaginées par Giovanni Passerini et exécutés con perfezione par le chef des lieux, Sho Ashizawa. Produits d’une fraîcheur exemplaire, simplicité maligne dans les compositions, assaisonnements et cuissons bien maîtrisés et portions généreuses font de ce restaurant de villégiature une destination incontournable des déjeuners boulevardiers.

Les “Gnudi aux herbes, cerfeuil et parmesan” (gnocchis avec ricotta et herbes, sans pomme de terre), d’un vert vibrant, ravivent les saveurs d’un Printemps (trop) épisodique, les “Cromesquis de boeuf, mayonnaise aux épices et chou rouge” emportent les suffrages à coup de tiédeur pimentée, le “Merlu, asperges blanches et émulsion de bisque de langoustine”, que l’on aurait aimé servi avec des légumes plutôt que des pommes de terre sautées, est d’une belle tendresse, révisant son répertoire marin dans les nuages de vapeurs de langoustines.

Côté dessert, rien à redire, la “Pannacotta, granité d’orange sanguine et pistache” surprend et régale de sa fraîcheur et la “Tarte à la crème de ricotta sucrée, suprêmes d’agrumes et noisettes torréfiées” s’affiche d’une belle rondeur à peine sucrée.

La carte des vins est remarquable et recèle des pépites étranges et étrangères comme un excellent blanc de Galilée (Gail Mountain Avivim), mélange surprenant et très réussi de Chardonnay et de Viognier. Notons tout de même qu’à 11 ou 12 € le prix moyen d’un verre, on peut, à l’évidence, s’attendre à de beaux liquides.

Alors même si parfois ici (surtout le soir) le service est un peu en roue libre et que les prix s’envolent lorsque tombe le jour, il n’en reste pas moins que l’on tient là une belle halte de nos prochains déjeuners sur les Grands Boulevards. A 22 et 27 €, c’est une aubaine !

 

Thierry Richard
(Texte et photographies)

 

Restaurant de l’Hôtel des Grands Boulevards
17 boulevard Poissonnière
75002 Paris
Téléphone : 01 85 73 33 32
Ouvert tous les jours
Menus déjeuner 22 € et 27 €
A la carte, compter entre 50 € et 60 €
Métro : Grands Boulevards