A l’ère où le smartphone remplace l’appareil photo pour la majorité des touristes, emporter un bon vieux boîtier dans ses valises paraîtrait presque inutile… Question de philosophie ! Quantité ou qualité ? Les Grands Ducs ont eu l’opportunité de découvrir, avec le dernier-né de Leica, une Slovénie brumeuse et engourdie par l’hiver. On a tenté d’y retrouver le goût des belles images.

Piran, Slovénie

Le Leica CL, dernier-né d’une grande famille

Pour les néophytes, il faut avant toute chose se replonger dans l’histoire de la marque puisque ce nouveau boîtier emprunte son nom à un modèle historique. Le CL, premier du nom, est un boîtier argentique sorti en 1973. A l’époque, il se destinait à un public plus large que le célèbre et onéreux « M ».

© Leica

Techniquement, le nouveau CL n’a rien à voir avec son ancêtre, puisqu’il s’agit d’un appareil numérique hybride. Non, sa filiation est avant tout une question de look et de positionnement dans la gamme. Le design du nouveau CL, dévoilé fin 2017, assume en effet son design rétro, sobre et épuré dans la plus pure tradition Leica.

Et ce n’est pas le moindre de ses arguments… Sans entrer dans le détail de sa fiche technique, voici ce qu’il faut en retenir pour l’essentiel : le CL est un appareil photo numérique hybride, donc plus compact qu’un Reflex, mais possédant le même système d’optiques interchangeables. Il est équipé d’un capteur APS-C qui offre une grande profondeur de champs et une meilleure capacité à photographier en rafale.

© Leica

En résumé, il s’agit un appareil photo aux dimensions réduites (donc aisé à transporter) doté d’excellentes performances. Côté prix, tout dépendra bien sûr des optiques choisies… Le boîtier nu ? 2490 € tout de même. Auxquels il faudra ajouter 1000 € pour un objectif de 18mm. Soit la configuration emportée dans nos bagages pour ce roadtrip slovène.

Le Leica CL en pratique

Manier un hybride (et à fortiori un reflex) pour la première fois est un réel apprentissage. Cela dit, le CL est plutôt intuitif et simple à l’usage. Son boîtier renonce en effet à l’intimidante armada de boutons au profit de deux molettes encadrant un afficheur monochrome. Une simplicité d’usage qui doit permettre de se concentrer sur le geste photographique. Et avec un Leica entre les mains, le fameux geste n’a évidemment rien à voir avec le simple fait de brandir son smartphone à tout bout de champ. En gros, on s’applique…

Et la récompense est immédiate : la qualité de l’image, le rendu des couleurs et des contrastes n’ont absolument rien à voir avec une photo prise depuis un téléphone. Et c’est encore plus vrai lorsque les conditions météo ne sont pas optimales ! Cerise sur le gâteau, il est possible de transférer les images en WiFi sur son téléphone à partir de l’application Leica. Et de les partager comme n’importe quelle autre photo… Ouf.

Le test : notre parcours slovène 

De la Slovénie, on ne sait finalement pas grand-chose. Nombreux sont ceux qui peinent déjà à la situer sur une carte. Ce petit pays de deux millions d’habitants est pourtant proche : moins de deux heures d’avion séparent Paris de Ljubljana, sa capitale. Ancrée en plein cœur de l’Europe, au nord-est de l’Italie, la Slovénie présente une variété de paysages surprenante : montagnes, forêts, lacs, et même un petit bout de côte, sur l’Adriatique… L’histoire et l’architecture ne sont pas en reste, avec ses villes colorées et un nombre incalculable de châteaux. Bref, la Slovénie a plus d’un atout pour séduire l’amateur de belles images.

Point de départ obligé, Ljubljana est une petite ville qui se laisse découvrir en deux jours, trois tout au plus. La traverser à pied ne prend que quelques dizaines de minutes, voire quelques heures si l’on choisit de s’attarder sur l’une des nombreuses terrasses de café en bordure de la rivière Ljubljanica. Ses musées n’offrent pas un intérêt majeur, de même que la visite de l’imposant château qui surplombe la ville. Idem pour le shopping. Mieux vaut prendre le temps de flâner devant les façades baroques et Art Nouveau dont regorge la ville, également imprégnée d’une culture soviétique moins austère qu’il n’y paraît au premier abord.

A l’hôtel Grad Otocec, situé sur une île de la Krka

Depuis Ljubljana, toute la Slovénie ou presque s’offre à vous en deux heures de route. Par exemple, les premières stations de ski ne sont qu’à trente minutes. Dépourvu de sites touristiques phares, le sud-est du pays possède un charme discret et pittoresque qui se laisse découvrir en longeant la rivière Krka. Avec ses châteaux et monastères parmi les mieux conservés de Slovénie, ses forêts peuplées d’ours bruns, la région séduira les amateurs de nature préservée.

Le château de Predjama

Les attractions majeures du pays sont situées au sud-est de Ljubjana. Au premier rang d’entres-elles, le château de Predjama, littéralement enchâssé dans la montagne. Un décor à mi-chemin entre Dracula et James Bond qui laisse sans voix. Attention tout de même, le site est envahi de touristes dès le printemps. Mais ce n’est rien à côté des grottes de Postojna, situées à quelques kilomètres et envahies chaque jour par plusieurs milliers de bruyants touristes en claquettes. Cet éblouissant monde souterrain méritait peut-être qu’on ne le découvrît jamais…

Un court séjour à Piran, cité côtière aux allures de petite Venise, permet de retrouver un peu de quiétude Slovène. Tombée cinq siècles durant sous la coupe de la Sérénissime, Piran prospéra durant cette période grâce à ses vastes marais salants. Le sel de Piran reste l’un des produits phares du terroir slovène.

Quelques dizaines de kilomètres plus au Nord, changement de décor avec les douces collines couvertes de vignobles de Goriska Brda. Une petite Toscane parsemées de hameaux et de châteaux, dont les vins valent sans conteste le paysage. Un excellent prétexte pour revenir en Slovénie.

Bertrand Waldbillig (texte et photos)

En savoir plus sur le Leica CL

La Slovénie : carnet d’adresses
Peti 181
Ouvert depuis quelques mois en plein cœur de la vieille ville de Ljubljana, ce restaurant à la décoration soignée (ce qui n’est pas si courant en Slovénie) propose une cuisine slovène contemporaine plutôt inspirée.
Dvorni trg 1,
1000 Ljubljana
Luda
Un petit restaurant sans devanture, dans un faubourg sans charme de Ljubljana… Et pourtant l’une des meilleurs surprises culinaires du voyage. Une petite merveille bistronomique, ni plus ni moins.
Poljanska cesta 11,
1000 Ljubljana
Hotel Grad Otocec
Ce Relais & Châteaux traditionnel occupe une large partie du château du même nom, majestueusement situé sur une île de la Krka. L’un des plus beaux hôtels de Slovénie et une adresse de choix, ne serait-ce que pour une nuit.
Grajska cesta 2,
8222 Otočec
Gostilna Vovko
Un conseil : au restaurant de l’hotel Grad Otocec, un peu fade, préférez cette auberge sans chichis où l’on sert de copieux plats typiquement slovènes. Et notamment du gibier.
Ratež 48, 8321 Brusnice
Hotel Gredic
En plein cœur des vignobles de Goriska Brda, le Gredic est une adresse incontournable pour les amateurs de vins. Le gigantesque et théâtral cellier vaut à lui seul un détour qu’il serait regrettable de ne pas prolonger dans l’excellent restaurant.
Ceglo 9,
5212 Dobrovo