Faire d’un restaurant d’hôtel un lieu de destination n’est pas toujours chose aisée. C’est pourtant le cas de la Maison Bréguet qui charme une exigeante clientèle parisienne par son ambiance sixties et ses assiettes bien ficelées. Visite haute en couleurs.

 

Il faut une bonne dose de courage – ou d’inconscience – pour planter dans ce bras perdu du 11ème arrondissement, entre Marais et Bastille, un hôtel 5 étoiles, chic, contemporain, avec spa, piscine, jardin, salle de sport et bien sûr, un restaurant digne de ce nom. Et pourtant, c’est peu dire que l’adresse nous a séduit.

Pousser la porte de la Maison Bréguet c’est pénétrer sous une verrière aux dimensions impressionnantes, inondant de sa lumière du jour une grande salle enfilant ses coins et recoins comme autant de lieux de vie, disposant ça et là tables rondes, fauteuils 60’s et photographies aux couleurs vibrantes. Meublée sur mesure par le designer Juan Alvarez, la décoration en a d’ailleurs été confiée au studio anglais de celui-ci, Sagrada, déjà à l’initiative du Art’s Club de Londres et de La Petite Maison de Miami.

Un vaste bar en  îlot fait office d’accueil, alignant ses chaises hautes d’un jaune très Grands Ducs et la cuisine ouverte, passage obligé des restaurants parisiens du XXIème siècle, se double de quelques tables en duo.

Aux manettes du restaurant on retrouve David Lanher (Le Bon Saint-Pourçain, Racines des Prés, Anima…) et Marco Marzilli (ex-manager des Daft Punk), serial restaurateurs, dont on connaît l’attachement aux beaux produits et à une cuisine de bistrot moderne et franche.

On ne sera donc pas étonnés de trouver ici au déjeuner une carte ultra courte (3 entrées, 3 plats et 2 desserts), simple mais réservant quelques surprises et mise en musique par deux cadors italiens des grandes brigades.

Fraîcheur, simplicité, clin d’oeil : voilà les maîtres mots de la cuisine de la Maison Bréguet. A l’image du “Tataki de maigre, radis, crème miso” tendre et léger, servi généreusement ou du “Risotto, radicchio, crème de parmesan” qui, s’il ne paye pas de mine avec ses couleurs violacées, envoie du bois des meilleures saveurs transalpines. Le “Lieu et salade de pommes de terres”, parfaitement cuit, enchaîne la douceur des chairs de poisson et la tiédeur de petites rattes parsemées de copeaux d’olives noires. Côté desserts, la “Tarte au citron meringuée” ne bouleverse personne mais fait le job.

Mais attention, passage obligé pour les véritables amateurs, comme dans tous les restaurants de David Lanher : trempez les lèvres dans la mousse du café de Giamaica Caffè. C’est une bombe ! Un missile de densité, onctuosité et acidité maîtrisée venu tout droit de Vérone.

Pari tenu donc, pour cette Maison Bréguet où l’accueil, le charme des lieux et les assiettes bien balancées nous ferons revenir pour profiter, alternativement, d’une très belle salle à manger privatisable et d’un petit jardin-terrasse planqué. Vivement le Printemps !

 

Thierry Richard
(Texte et photographies)

 

Maison Bréguet
8 rue Bréguet
75011 Paris
Téléphone : 01 58 30 32 31
Ouvert tous les jours
Menus déjeuner à 25 € et 32 €
A la carte, compter entre 40 et 60 €
Métro : Bréguet-Sabin