Dans le vaste registre des tables “culturelles” déployant leurs nappes au sein des musées, cinémas, théâtres et autres lieux de spectacle, le Noto, récemment éclos, fait chanter l’Italie au dessus de la Salle Pleyel. Un plaisir qui se mérite.

 

Lorsque l’ascenseur ouvre lentement ses portes au premier étage de la Salle Pleyel, on ne peut qu’écarquiller les yeux. C’est comme si un bout d’Italie des années 30 avait déposé ses rouges et ses ors à deux pas de l’Arc de Triomphe. Murs de marbre et de bois vernis, moquette profonde aux motifs imposants, lustres cristallins aux dessins Art Déco ; la vaste salle à l’atmosphère cossue s’étend tout en longueur aux abords d’un bar noir et blanc de marbre et de pierre. Au bout, une alcôve en surplomb pouvant recueillir les confidences d’une dizaine de convives prend du recul. C’est beau, calme, enveloppant comme un manteau Fendi.

C’est dans ce décor de théâtre soigné que viennent dîner à l’italienne les amateurs bien mis du quartier, une clientèle triée sur le volet alignant costumes bien coupés et robes sélectionnées. On y parle à voix basse en vidant quelques verres de vins de Sicile, Nero d’Avola ou, pour les connaisseurs, Etna Rosso.

Mais si ici l’influence est clairement sicilienne (Noto en est une ville emblématique), les assiettes débordent sans vergogne et pour notre plus grand plaisir vers le reste de la botte, mêlant tradition (“Vitello Tonnato” de très belle composition) et modernité (“Gambero Rosso di Mazara”, gambas crues aux agrumes, straciatella et pistaches d’une fraîcheur imparable). La “Caponata” est incontournable, brassant aubergines, oignons confits, tomates, olives et câpres dans une entrée à la douceur ronde.

Pour les amateurs de pasta, les “Linguine alle gamberi e zucchine” (gambas et courgettes) sont d’un bel équilibre et il est difficile de passer à côté des “Cacio e pepe nella forma di Pecorino”, spaghettis au fromage et au poivre préparés dans une meule de Pecorino, à déguster le plus chaud possible pour profiter d’une texture crémeuse et joliment relevée.

Très appréciée ici, l’escalope milanaise (“Cotoletta alla milanese”) est en fait une vraie côte de veau entière, servie en proportions gargantuesques dont il sera difficile de venir à bout. Côté Dolce, les “Cannoli siciliani” concluent la partition sicilienne mais on peut opter pour le “Tiramisu al pistacchio” ou une “Gelato della casa” – italie oblige.

Le service à l’accent chantant est d’une profonde amabilité et d’un professionnalisme à toute épreuve, ce qui rend le moment encore plus charmant.

Et même si ce Noto n’est sans doute pas le meilleur restaurant italien de Paris (qui regorge de pépites), la beauté des lieux conjuguée à de belles assiettes plus qu’honorables en font une escapade à ne pas négliger. Et à 28 € la formule déjeuner, autant ne pas s’en priver !

 

Thierry Richard
(Texte et photographies)

 

Noto
252 bis rue du Faubourg Saint Honoré
75008 Paris
Téléphone : 01 86 95 96 60
Fermé le dimanche
Menu déjeuner à 28 €
A la carte, compter entre 60 et 70 €
Métro : Ternes