Italie, Mexique, Thaïlande, Maghreb, Japon. Le multiculturalisme des appétits fait merveille à Paris. En quelques stations de métro, on déjeune kurde, on dîne new-yorkais, on vide une chope belge. Pour qui se réjouit à l’idée d’un Cheese Nan accompagnant un Biryani d’Agneau, le passage Brady n’est plus le seul point de chute obligé. Papadoom Kitchen a ouvert ses portes et renouvelle (un peu) le genre indien. Visite.

Par Thierry Richard

 

C’est un vaste espace qui se déploie derrière la devanture celadon marquée de caractères exotiques que l’on imagine du Sanskrit. Chez Papadoom Kitchen, le décor a son importance (on pourrait presque ne pousser la porte que pour lui). Large salle au rez-de-chaussée avec table d’hôte bleutée, fresque tropicale, sièges en rotin et cuisine ouverte colorée. Assurément dépaysant. Et le voyage se poursuit à l’étage. Produits alimentaires indiens sur étagères, portrait de Gandhi (mais pas que), quelques Maharajahs sur papier jauni, arabesques orangées, fauteuils coloniaux et une belle terrasse végétalisée derrière ses portes vitrées. Pour un peu, en fermant les yeux, on pourrait entendre rugir un tigre dans la jungle toute proche.

Mais on est à Paris, à deux pas des bruyants Grands Boulevards. C’est ce qu’ont bien compris les propriétaires du Papadoom : ici on modernise la cuisine indienne pour l’adapter aux palais parisiens et aux goûts de l’époque. Car voilà la promesse des lieux : une ambiance, des influences plus que l’authenticité brute. Bien évidemment, on retrouve à la carte les incontournables : raita, grillades (poulet, épaule d’agneau, gambas) en brochettes, riz basmati, nans divers et variés, samosa, tikka, korma et massala… Les épices sont au parfum (coriandre, cumin, cardamome, tamarin, curcuma, menthe, épices douces) mais souvent ré-assemblés dans des compositions nouvelles.

Le “cheese nan” est au cheddar blanc maturé, le riz “basmatee” à la cardamome est parsemé de pistaches, le “Chicken Byriani”, cuit à l’étouffé joue les contrastes sucré-salé avec ses raisins blonds et oignons confits, jusqu’aux desserts où le “Papadoom Triffle” lorgne vers London, empilant ses couches de yaourt onctueux à la fleur d’oranger, mangue et crumble de pois chiche.

C’est frais (essayez le “Raita” aux herbes fraîches et ses légumes croquants où quelques graines de grenade joue les détonateurs), surprenant (le “Bhelpuri”, mélange de riz, lentilles croustillantes, sauce vierge au tamarin, coriandre et tomate est une entrée à la légèreté étonnante) et plutôt réussi. Attention toutefois à bien préciser que vous aimez les viandes tendres, le risque d’un poulet un peu sec, fut-il “Tikka” (mariné aux épices Tandoori et citron) n’étant pas exclu.

Dernier atout et non des moindres de ce Goa-sur-Seine, des prix très mesurés. On y ajoute la terrasse et des cocktails de belle facture (en cas de canicule, le “Kashmir”, aloe vera, concombre et menthe, fera votre bonheur) pour faire de ce Papadoom une pause estivale bienvenue.

 

Thierry Richard
(Texte et photographies)

 

Papadoom Kitchen
157 rue Montmartre
75002 Paris
Téléphone : 01 40 41 02 14
Ouvert tous les jours
Menu déjeuner : 14 €
A la carte, compter entre 20 € et 30 €
Le dimanche, brunch à 21 €
Métro : Grands Boulevards