A l’heure où vous nous lisez, les amateurs de jumping sont déjà rassemblés au pied de la Tour Eiffel… C’est que la cinquième édition du Longines Paris Eiffel Jumping ouvre ses portes aujourd’hui. A cette occasion, on a rencontré un véritable maestro, grâce à qui le spectacle prend forme : le chef de piste du concours, Uliano Vezzani. Son nom ne vous dit rien ? C’est qu’il est l’homme de l’ombre… Portrait.

Propos recueillis par Marie Pravieux

Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots en quoi consiste votre métier ?

J’imagine les parcours imposés que les couples (chevaux et cavaliers) devront sauter durant les concours de saut d’obstacles. J’en définis le tracé, les distances entre chaque obstacle, les difficultés techniques selon la hauteur imposée.

Vous êtes reconnu dans votre profession et vous êtes le chef de piste de nombreux concours internationaux…

En effet, je suis actuellement en Belgique à Knokke ou j’ai imaginé la piste pour un concours international le week-end dernier et j’arrive à Paris le 4 juillet pour le Paris Eiffel Jumping. J’ai officié sur 44 concours à travers le monde l’année dernière.

Y-a-t-il des concours sur lesquels vous êtes régulièrement le chef de piste ?

Bien sûr, j’officie par exemple depuis neuf ans à Bordeaux pour l’étape Coupe du monde, depuis six ans pour les internationaux de Chantilly et de Cannes, et ici à Paris, cela fait 4 ans que je suis le chef de piste. Je ne fais pas que des concours en France mais je les aime particulièrement, entre autre pour la qualité des sols des terrains que vous avez, et aussi parce que les cavaliers Français sont vraiment exceptionnels !

Cela doit être une vraie satisfaction quand les organisateurs de jumping vous demandent de revenir d’une année sur l’autre.

C’est la meilleure reconnaissance possible ! Cela veut dire que j’ai bien fait mon travail et que tout le monde est content.

Comment vous est venue cette vocation ?

J’étais cavalier à une époque et j’ai assisté des chefs de pistes parfois en plus de mon métier à plein temps. Et puis il y a dix ans j’ai décidé de ne me consacrer qu’à ça. Mon regard d’ancien cavalier me permet de me mettre à la place de ceux qui iront sauter mes parcours.

Vous pensez donc les parcours pour les cavaliers, mais aussi pour les chevaux, j’imagine…

D’abord pour les chevaux ! Il est primordial qu’ils ne soient pas cassés par les parcours, qu’ils en sortent contents. Le premier jour de concours je fais très attention à leur comportement en piste pour pouvoir adapter les parcours les jours suivants et proposer le plus beau Grand Prix (épreuve phare des concours internationaux de saut d’obstacles) possible le dimanche.

Quels sont les paramètres à prendre en compte pour dessiner le parcours parfait ?

Tout, absolument tout compte ! De la qualité du sol de la piste à la couleur des obstacles, en passant par la luminosité et la météo si c’est en extérieur. Chaque détail a son importance.

Le parcours parfait n’existe pas, c’est une remise en question perpétuelle car chaque piste est différente, aucun concours n’a les mêmes caractéristiques et c’est précisément ce qui rend mon métier si intéressant. On a toujours envie de faire mieux pour que les chevaux, les cavaliers, les spectateurs et les sponsors soient heureux. L’échange avec les cavaliers est également très important, un bon chef de piste discute avec eux et n’hésite pas à leur donner des conseils quant au parcours qu’ils vont devoir effectuer.

Prévoyez-vous vos parcours à l’avance, avant d’arriver sur le terrain ?

Jamais ! Je l’ai fait deux fois et quand je suis arrivé sur le terrain de concours j’ai dû entièrement repenser mon parcours car il y avait des éléments que je ne pouvais pas avoir en tête en n’étant pas sur place. Je prévois mes parcours la veille du concours quand j’arrive sur le terrain, non plus à distance.

Quelques mots sur le Longines Paris Eiffel Jumping pour terminer ? Le terrain est plus petit que d’autres et les parcours doivent être d’autant plus difficiles à imaginer…

Oui, c’est vrai, la piste est petite mais justement c’est ce que j’aime, c’est un vrai challenge ! Le cadre est incroyable, presque inimaginable tant que toutes les infrastructures ne sont pas installées ! Et l’équipe organisatrice est très sympathique, j’ai un très bon feeling avec eux, il y a une dynamique très positive, le bien-être des chevaux passe en premier.

Tout est mis en œuvre pour qu’ils puissent faire leur travail au mieux et leur travail, c’est de sauter. Il ne faut jamais oublier que le cheval dépend des hommes et que c’est à nous d’en prendre soin. Il y a aujourd’hui plus de 99 concours de saut d’obstacles internationaux par an ce qui fait presque 2 par semaine en moyenne : avec un tel rythme, il est primordial de s’assurer du bien-être des chevaux et cela passe aussi par des parcours bien dessinés.

Rendez-vous au Paris Eiffel Jumping

Au Champ de Mars,
5, 6, 7 et 8 juillet
Billetterie