Rarement un petit hôtel de la côte d’Azur aura fait autant parler de lui… Pour leur premier anniversaire, Les Roches Rouges s’étalent en pleines pages dans les magazines déco et en une des rubriques tourisme. Le plan de com est parfait, mais que vaut vraiment cet établissement dont tout le monde parle ? Réponse en trois parties.

Par Bertrand Waldbillig

© Roches Rouges

Situation

Saint Raphaël est ce que l’on appellera pudiquement une cité balnéaire populaire au charme suranné. Son centre est plutôt laid, osons le dire, à l’inverse des majestueuses villas qui longent la côte de chaque côté de la ville.

© Bertrand Waldbillig pour Les Grands Ducs

En prenant la direction de l’Est, et donc du massif de l’Esterel, l’hôtel Les Roches Rouges trouve son refuge dans une anse préservée, avec la Méditerranée pour tout horizon. Sur la gauche, le site naturel et préservé du Cap Dramont, vierge de toute construction. L’atout numéro 1 de l’hôtel, qui doit évidemment son nom à la roche pourpre d’origine volcanique dont est constitué l’Esterel, c’est d’abord un site préservé qui fait office de refuge, même en plein mois d’août.

Architecture

Pour l’architecture et l’aménagement de son premier établissement du bord de mer, le groupe des Hôtels d’en Haut (jusque là spécialisé, comme son nom l’indique, dans les hôtels alpins) a fait appel au jeune duo d’architectes Charlotte de Tonnac et Hugo Sauzay, baptisé Festen.

© Bertrand Waldbillig pour Les Grands Ducs

A leur actif : l’Hôtel Pigalle à Paris, le Fitzrovia à Londres et déjà beaucoup d’autres projets… Il s’agissait ici de réhabiliter entièrement un bâtiment moderniste de la fin des années 50. Pour le réveil de cette belle au bois plus que dormant, exit le marbre et les dorures, les architectes ont misé sur des matériaux bruts (béton, bois, pierre) et l’ouverture maximale sur la mer.

© Bertrand Waldbillig pour Les Grands Ducs

Le lobby de l’hôtel et son immense canapé De Sede serpentant autour d’une table basse de Charlotte Perriand donne d’emblée le La d’une décoration inspirée et inspirante, à grand renforts de meubles vintage et créations contemporaines telles les appliques en terre cuite de Guy Bareff disséminées un peu partout dans l’hôtel (galerie Breheret Desprez).

La piscine d’eau de mer, devenue star d’Instagram, a naturellement été préservée. Les cinquante chambres avec balcon sur la Méditerranée ne donnent également pas dans l’esbrouffe : C’est blanc, épuré, relaxant… De l’immense terrasse au jardin méditerranéen en passant par les deux piscines, les espaces communs évitent quand à eux l’écueil d’une trop grande promiscuité. Il faut que l’évasion soit totale ! Pour l’ambiance c’est donc un 10/10.

Prestations

© Roches Rouges

Ceux qui ont déjà séjourné dans un Ace Hotel (New York, Los Angeles, Palm Springs, Londres…) retrouveront aux Roches Rouges l’atmosphère si particulière de la chaîne d’hôtels la plus cool du monde. De la playlist en léger fond sonore à la tenue du personnel en passant par la déco, bien sûr, tout est branché mais pas du genre exaspérant.

© Roches Rouges

La grande tradition hôtelière française en prend un coup, mais a-t-on besoin d’un serveur en costume et à l’air emprunté pour se faire servir un club sandwich au bord d’une piscine ? Et que l’on ne se trompe pas : les prestations des Roches Rouges ont tout de celles d’un palace : deux piscines, un Spa Esthederm, deux restaurants dont un gastronomique etc… A un détail près : il n’y a pas de TV dans les chambres (quelle bonne idée !). Côté restauration, le chef José Bailly fait appel à des produits locaux pour une cuisine locale -donc méditerranéenne- inventive ce qu’il faut. Mention spéciale au service, l’un des plus efficaces et agréables qu’il nous ait été donné de rencontrer.

Côté activités, oubliez le parachute ascensionnel et la boîte de nuit. Les Roches Rouges préfèrent vous proposer de pêcher en mer avec Olivier Bardoux, un pêcheur du port voisin, ou une randonnée dans l’Esterel et le soir, un concert sur la terrasse ou un cinéma en plein air.

Une première expérience aux Roches Rouges en appelle beaucoup d’autres. C’est ainsi : on ne peut que surenchérir dans les flots d’éloges qui s’abat sur cet hôtel depuis son ouverture. Seul bémol, des prix en hausse depuis l’an passé: comptez désormais un peu plus de 500 euros minimum la nuit en haute saison. La rançon d’un succès mérité…

B.W.

On y va ?

Les Roches Rouges
90 Boulevard de la 36e Division du Texas,
83530 Saint-Raphaël
T. +33 (0)4.89.81.40.60