En pleine semaine de rentrée automobile, plus accessible que le très élitiste Salon Privé de Bleinhem Palace, le Concours d’Elégance Automobile d’Hampton Court Palace s’est tenu le week-end dernier, entre autos d’exception, lieu empreint d’histoire et bien sûr british savoir-vivre… Royal !

Par Laurène Bigeau (texte et photographies)

En matière automobile, il se passe toujours quelque chose chez nos amis anglais… Puisque la clôture des festivités s’était opérée mi-juillet avec le Festival Of Speed de Goodwood et que ce dernier accueillait ce week-end ses visiteurs pour son cultissime Revival, rien de mieux que de se remettre en selle avec panache.

La saison est bel et bien relancée (comme celle de la Grouse) et ce premier week-end de septembre a vu se dérouler deux manifestations de poids en amont de la vente RM Sotheby’s de Battersea Evolution. Le tout, sans compter le retour in town des autos de collection des propriétaires ayant opéré leur transhumance estivale !

Depuis 2012, le concours d’élégance d’Hampton Court, dont une des autos a été distinguée par le Best of The best Awards, investit depuis sa création des demeures royales britanniques grâce au soutien bienveillant de son Parrain le Prince Michael de Kent, cousin de la Reine.

Mercedes S carrosée par Barker

Ce féru d’automobiles, Président du Royal Automobile Club, et dont les traits ne sont pas sans rappeler son lointain cousinage avec le Tsar Nicolas II, possède une élégance à la hauteur de sa discrétion.

Après s’être établi à Windsor, Saint James Palace et Holyroodhouse (la résidence écossaise de la Reine), l’évènement est revenu (après une première en 2014) prendre ses quartiers à Hampton Court, et ce jusqu’à 2021. Il ne fallait pas moins que l’architecture imposante de ce Palais où le style Tudor côtoie le géorgien pour accueillir un plateau réunissant 300 automobiles venant du monde entier, et dont certaines n’avaient encore jamais foulé le sol des concours d’Outre-Manche.

Le Prince Michael de Kent

Parmi les soixante “glorieuses” du Concours, côté transalpin, une rarissime Ferrari 166 Inter Touring Supperlegera de 1949, une splendide Bizzarrini GT Strada 3200 de 1967, une Alfa Romeo 8C 2300 Chassis court Spider de 1932, deux sublimes Fiat de 1958, ou encore une Otto Vu Vignale Coupe et une 1200 Vignale “Wonderful”.

Le coup de chaud se faisait sentir à l’approche d’une Maserati 300S de 1948 non loin d’une Ferrari 500 TRC de 1957. Au milieu des fougueuses italiennes une petite française de 1910, une Renault Type By 20-30HP Roi des Belges, affole l’œil avec une sophistication hors pair pendant qu’une Bugatti Type 54 de 1931 montre ses atours mécaniques, tout capot ouvert.

Côté allemand, arrêt sur image à la vue d’ une 904 Carrera GTS de 1964 et souvenir ému de la Mercedes CLK-GR LM qui avait entraîné Mark Webber à tutoyer la cime des arbres de la ligne droite des Hunaudières, lors de l’édition des 24h du Mans de 1998… Quelques Américaines, si si, et pas des moindres : une GT 40 aux couleurs Gulf et une AC Cobra qui n’est pas une réplique.

l’Aston DBS Vantage d’Amicalement Vôtre

En marge du concours, une concentration d’Aston Martin à faire pâlir 007 dont la DBS Vantage de couleur Bahama Yellow d’Amicalement Vôtre signée par Roger Moore et Tony Curtis, une DB4 GT ayant appartenu à Peter Sellers ainsi que l’unique DB4 GT designée par Bertone.

Également présentes, leurs cousines de feu la marque Jensen avec cette rare version shooting brake du modèle GT au style seventies bien trempé. Et bien sûr, chauvinisme anglais toujours de rigueur avec la meute de félins XK de la marque de Coventry alignées sagement le long du château, comme une boîte de crayons de couleurs…

La palette de verts Aston Martin

Il y a les icônes et il y a la madeleine de Proust ! On marque l’arrêt devant deux autos de notre enfance, au charme discret s’il en est et hautement civilisées : une Lancia Théma 8.32 (8 pour le V8 emprunté à la Scuderia, rien que ça, et 32 pour le nombre de soupapes) parquée au côté d’une Maserati Quattroporte de 3ème génération. Le cœur a ses raisons….

Evidemment, chez nos amis grands britons, point d’espace vert sans pique-nique ni jeu. Le Concours d’Hampton Court ne déroge pas à la règle, on peut également s’initier au croquet et siroter une bulle Taittinger dans le parc du Château, entre deux rendez-vous avec les marchands de la place de Londres, et un petit lèche-vitrine à l’espace partenaire de l’horloger allemand A.Lange&Söhne.

Puis vient la tentation de se perdre dans les dédales des cuisines du châteaux et de se recueillir le temps d’un instant dans la chapelle royale à la mémoire de Catherine Parr, sixième et dernière épouse d’Henry VIII ayant eu le bon goût de garder sa tête pour lui survivre.

Le temps ensuite de regagner le parking qui là encore, à de quoi faire s’emballer le palpitant, de décapoter l’Aston et de rentrer cheveux au vent à Belgravia, tiens il est 18h, c’est déjà l’heure du Pimm’s et puis à Londres finalement, c’est un peu le concours d’élégance tous les jours…

L.B.

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