En quelques jours à peine, Grand Basel s’est imposé comme le lieu incontournable où tout amateur de belle automobile devrait se rendre sans faute. Derrière ce nouveau salon ? Les organisateurs d’Art Basel et de Design Miami/Basel, et le moins que l’on puisse dire est qu’ils revendiquent de très grandes ambitions.

Par Etienne Raynaud | Photographies © Jérémy Garamond

Ici, l’automobile est traitée comme une oeuvre d’art. On y défend une démarche architecturale contemporaine sans recours aucun à la nostalgie, une sélection drastique d’automobiles sur des critères historiques mais aussi pour leur apport au design, autorisant ainsi une modeste Fiat Panda à côtoyer une Ferrari 250 GTO…

Grand Basel, c’est aussi une scénographie et un éclairage dignes des plus grandes foires d’art contemporain, enfin un jury issu du monde de l’art autant que du monde automobile. Tout cela n’est pas sans rappeler la démarche de Ralph Lauren et l’esthétique du lieu semble d’ailleurs directement inspirée par son garage.

Ajoutons un évènement en septembre à Bâle, un fin février à Miami et un autre à Hong Kong en Mai et cela complète le tableau des ambitions affichées. Le pari est grand pour l’évènement de Bâle, qui suit à deux semaines près la Monterey Car Week et le concours d’élégance de Pebble Beach où les plus grandes maisons de vente réservent leurs joyaux et où les collectionneurs du monde entier se retrouvent.

Il s’intercale voire s’entrechoque aussi avec Salon Privé et le Hampton Court concours à Londres, deux incontournables de la rentrée pour qui aime la belle automobile et surtout le Goodwood Revival qui reste le parangon de la course automobile.

Les joyaux sont là, l’écrin est splendide, la sélection de voitures pour le moment essentiellement issue de collections privées est impeccable. Restera à ce salon de trouver son public auprès de collectionneurs de plus en plus sollicités en évènements de toutes sortes.

Deux autos issues de démarches passionnées ont marqué les esprits : la réinterprétation de la mythique Lancia Delta (ci-dessus) par Automobiliamos, jeune collectionneur italien qui a su mêler des éléments issus de la course automobile, du carbone et un design radical et le lancement mondial de la Porsche 911 Targa par Ateliers Diva.

Pour cette 911 Targa, là encore, un gentleman driver a rêvé d’une auto sans compromis avec une carrosserie discrète tout en carbone, un moteur de 400 chevaux développé par Crubile Sport, préparateur de Porsche de course mythiques, et un intérieur sur-mesure dont le prochain devrait être dessiné par l’architecte star Tristan Auer. Ces deux autos ont éclipsé quelques monstres sacrés présents à Bâle et il semble que l’une comme l’autre aient déjà été vendues à plusieurs exemplaires.

Sans nul doute, l’automobile passion vécue comme une oeuvre d’art en mouvement a encore de beaux jours devant elle.

E.R. 

Jusqu’au Dimanche 9 septembre 2018
Messe Basel, Messeplatz 10
4005 Basel