Vapeurs d’essence et vieilles gauloises… à l’occasion des 60 ans de Charade, le circuit automobile mythique de Clermont-Ferrand, comme si on était un dimanche des années 70, les organisateurs ont réuni fin septembre les gloires des sports mécaniques des dernières décennies.

Par Aymeric Mantoux

Un grand casque vert, reconnaissable entre tous. La musique du Matra V12 résonne dans les haut-parleurs qui grésillent. La plupart des spectateurs dans les tribunes ne l’ont jamais entendu ni vu courir.

Et pourtant. Henri Pescarolo est une légende du sport automobile. Il a été applaudi chaleureusement et accompagné de vagues d’enthousiasme dans le public. « Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans, ne peuvent pas connaître… » Les mots d’Aznavour résonnent avec une saveur particulière sur le circuit des Monts d’Auvergne pour le dernier week-end de l’été.

Ils sont venus, ils sont tous là, avec Pescarolo. Giaccomo Agostini, multi-recordman en Grand Prix moto, héros du film à l’esthétique magique Continental Circus, le fameux pilote écossais de F1 Jacky Stewart toujours aussi élégant avec ses pantalons écossais assortis à sa casquette et au bracelet de sa Rolex, le frenchie Jacques Laffite, ou encore l’écurie Ligier, venue en force avec nombre de modèles historiques. Le public aussi, encouragé par la température caniculaire, est là, nombreux, abrité sous casquettes et lunettes.

Jackie Stewart

Le circuit de Charade, aujourd’hui assez largement désuet, n’avait pas connu une telle affluence depuis des décennies. Sinueux, connu notamment pour sa fameuse descente spectaculaire, (et unique circuit de montagne hexagonal) il avait pourtant accueilli les Grands prix de France de moto (10) et de Formule 1 (4) dans les années 60 et 70 dont deux ont été remportés par Jackie Stewart.

Mais depuis quarante ans, le sort (et les règlements) en ont décidé autrement. C’est pourtant une vraie légende du sport automobile. Inauguré en 1958 au cœur des volcans d’Auvergne, le tracé fait 8 km et compte pas moins de 50 virages avec des dénivelés incroyables. « C’est toujours bien c’est très excitant de rouler ici, mais il faut faire attention, il ne faut pas tomber, ce n’est pas facile », confie Giaccomo Agostini en sortant d’un petit tour de piste. « La F4, c’est une très belle moto, comme une belle femme… » Il est vrai que le tombeur de ces dames n’est pas de la génération #metoo. A l’époque, c’était moteurs, alcool et rock’n’roll !

Aujourd’hui, le circuit, qui a été raccourci dans les années 80, mesure un tout petit peu moins de 4 km. Si sa fermeture semble pour le moment écartée, en raison de l’appétit des amateurs d’autos anciennes et d’initiatives comme Charade Heroes ou la Classic racing school qui permet de se mettre dans la peau d’un pilote des années 60 et de vivre une expérience unique.

Mais elle ne peut pas être définitivement repoussée. En attendant, l’espace d’un week-end, le public a pu revivre l’esprit, l’ambiance des courses d’antan. Un moment historique sous le désormais célèbre soleil clermontois.

A.M.