C’est l’histoire d’un homicide par imprudence d’une vedette déchue que raconte magnifiquement Fabrice Gaignault dans Aspen Terminus, sur toile de fond de l’Amérique des 70’s dans la chic station de sports d’hiver du Colorado…

Par Guillaume Cadot

Claudine Longet et Peter Sellers dans The Party © Splendor Films

Pourquoi et comment la chanteuse française Claudine Longet tuait-elle accidentellement, en 1976, son fiancé le skieur Vladimir « Spider » Sabich d’une balle en pleine poitrine dans leur chalet ? On retrouve, dépeinte avec nostalgie, la vie des seventies entre chalets cossus, pistes la journée et les bars tard dans la nuit, fréquentés par Jack Nicholson, Robert Redford, Roman Polanski ou le journaliste à sensation Hunter S. Thompson…

Qui se souvient encore de Claudine Longet ? Petite brindille française du haut de son mètre cinquante-cinq, dont le timbre de voix ferait passer Jane Birkin pour une chanteuse lyrique, elle s’est fait connaître aux Etats-Unis à la fin des années 1960. Sa vie est un roman. Un démarrage fulgurant, une carrière de chanteuse et d’actrice en dents de scie, les Kennedy et les Stones comme amis. Puis, un crime passionnel qui la fit tomber dans l’oubli le plus total, elle qui fut la première française -depuis Edith Piaf- à vendre des disques aux Etats-Unis.

Slim Aarons, Snowmass Picnic, 1967, D.R.

Elle débarque à Las Vegas à 17 ans avec la troupe des Folies Bergère dans laquelle elle danse. Andy Williams, un mauvais Sinatra local au point d’orgue de sa carrière, tombe amoureux de la femme-enfant aux yeux de biche. Le couple aura trois enfants et divorcera en 1970.

La suite se passe à Aspen, auprès de Spider Sabich, le skieur américain battu par Jean-Claude Killy aux Jeux Olympiques de 1968 et créateur des compétitions de slalom parallèle professionnel dans lesquelles il excelle.

spider

Spider Sabich, D.R.

Cet amour passionnel bascule en 1976 avec ce meurtre incompréhensible. L’enquête est bâclée, Claudine Longet écope de 30 jours de prison – qu’elle honore les week-ends. La famille lui interdira de parler de sa relation avec Spider. Remariée à son avocat (!), elle vit toujours sur le lieu du crime mal expliqué…

L’icône maudite signe un grand nombre de reprises mielleuses de tubes pop des sixties qui se retrouvent aujourd’hui dans des playlists de bon goût. On dit que les Japonais s’arrachent ses albums réédités. Mais c’est surtout son rôle dans le film The Party de Blake Edwards auprès de Peter Sellers qui lui vaut un les lumières des projecteurs internationaux. Elle y interprète Nothing to lose, une chanson d’Henry Mancini.

rolling stones

Claudine, des Rolling Stones, D.R.

A l’époque, l’affaire du crime fait grand bruit, à tel point que Mick Jagger dédie une chanson à la starlette (qui avait elle-même repris Let’s Spend the night together des Rolling Stones), Claudine… Il faudra attendre 30 ans et la sortie de l’édition de luxe de l’album Some Girls pour l’entendre !

G.C.

A lire : Aspen Terminus de Fabrice Gaignault, éditions Grasset
A voir : The Party de Blake Edwards, 1968, avec Peter Sellers
A acquérir : La photo de Slim Aarons « Snowmass picnic, 1967 »
A écouter : Ain’t no Mountain High Enough par …Claudine Longet