L’Italie, son art de vivre et sa mode… Si le style italien version sartoriale est de nos jours parfaitement identifié grâce aux réseaux sociaux, ses mouvements de contre-culture le sont moins… Comme celui des Paninari, dans les années 80, qui trouve à notre époque un réel écho stylistique.

Par Guillaume Cadot

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Tout commence à Milan, avec une bande de gamins de bonne famille passionnés par les fast-food américains, les motos et les doudounes Moncler aux couleurs criardes. Pourquoi Paninari ? Parce qu’ils traînent justement devant les « paninari », les sandwicheries des ruelles autour du Duomo. Une jeunesse éprise de culture pop américaine, donc, fuyant le rock et ses looks noirs, privilégiant le cool et les teintes vives. Les Paninari arborent des jeans 501, chaussent des Timberland Yellow boots et couvrent le tout de doudounes Moncler bleu ciel ou vert pomme. C’est aussi la grande époque de Stone Island ou de Vans… Ils paradent sur un Vespa, un Ciao ou des motos japonaises.

They embraced a sporty Americana look, worn with unmistakeable Italian panache.” – Amy O’Brien

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Le mouvement est lancé par les jeunes friqués qui fréquentent les écoles privées à Milan, passent leurs vacances sur la côte californienne ou dans les Alpes italiennes. Leur point de ralliement, c’est Il Panino bien sûr, le premier fast-food de Milan.

Les Paninari twistent les marques italiennes d’inspiration américaine – comme C.P. Company – avec les doudounes à la coupe oversize (dirait-on aujourd’hui) de la marque française Moncler (elle l’était encore !) et des Tim made in USA. Un preppy sauce italienne, doublé d’un style déjà no genre, les filles étant habillées de la même manière que les garçons.

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Les sous-cultures se sont souvent construites autour de ces trois piliers que sont les moteurs, le café (en tant que lieu, bien sûr) et la musique. Elles ont donné naissance à des courants vestimentaires forts, comme pour l’Amérique des années 1950 avec ses dinner, ses décapotables et le rock’n’roll, ou encore les Café Racer en Angleterre, la déferlante des motos anglaises et le rock des sixties. Sans oublier les Minets du Drugstore dans les années 1960 à Paris, leurs mobylettes et la musique yéyé. Et tant d’autres encore…

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Les Paninari s’inscrivent dans cette lignée, et comme les modes sont d’éternels recommencements, leur dégaine est toujours d’actualité. Certes, les proportions ont été revues, mais le style est toujours là…

G.C.