Plus de 2000 km à travers la France, des épreuves dont 10 sur route fermée et 4 sur circuit, parmi les plus mythiques en France, c’est la promesse tenue par le Tour Auto chaque année. Pour participer, une condition sine qua non : pouvoir engager un modèle qui a participé au Tour de France Automobile entre 1951 et 1973. Nous, on a eu la chance de partager l’avant de la course avec Ari Vatanen, à bord d’une BMW M2 Compétition Édition Héritage…

Par Matthieu Cointourauto19-1

Quoi de mieux qu’une machine à la hauteur du personnage pour goûter aux démonstrations de pilotage de Ari Vatanen ? Porté par BMW France, le projet rend hommage à la 2002 Turbo. Côté moteur, la recette reste inchangée : on retrouve les 410ch et 550nm de la M2 Compétition, du bloc moteur hérité de ses grandes sœurs, les M3 et M4. Limitée à quelques 40 exemplaires strictement réservés à la France, l’Édition Héritage est, des multiples véhicules qui lui ont été prêtés par BMW France dans le cadre du Tour Auto, le modèle préféré d’Ari.tourauto19-2

 

Plus agile que les M5 ou autres M4, la M2 Compétition Édition Héritage remplit tous les critères pour ce type d’exercice qui demande une adaptation permanente : routes sinueuses, villages, autoroutes, spéciales sur routes fermées, et bien sûr, épreuves sur circuits.

Les moments d’attente avant chaque spéciale (épreuves chronométrées sur routes fermées, ndlr) sont pour Ari l’occasion de rencontrer les gens, mais aussi… de s’imprégner de l’économie locale. Finlandais d’origine, il garde une proximité importante avec ses terres natales mais n’en est pas moins résident français… De sa ferme provençale, il emmène partout avec lui son goût pour l’agriculture et les machines techniques.

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En témoigne la rencontre avec l’équipe d’un magasin d’outillage, et surtout celle avec un élagueur propriétaire de tracteurs Valtra, Finlandais lui-même. Autant de contacts qu’Ari souhaite garder et aider autant que possible, comme si les campagnes électorales des européennes ne l’avaient jamais vraiment quitté… Et en voiture, c’est la même idée… Climat social en France, mérite de ceux qui entreprennent, importance de l’Europe dans la géopolitique mondiale, santé économique du géant Apple, tout y passe !

Que ceux qui se questionnent sur la santé de la passion automobile sur le sol français se rassurent : des centaines de personnes sur les bords des routes, dont une partie attendant patiemment Ari avec des miniatures à faire signer, parfois même des pancartes lui demandant de s’arrêter ! Les scènes sont à peine croyables, et on capture ces moments de grâce, au côté d’un grand champion à l’aura incroyable, formidable exemple de partage, d’humanité et d’humilité.

Le Tour Auto, c’est aussi l’occasion pour chacun des concurrents, parfois venus de très loin (on croise parmi les engagés Japonais, Argentins ou encore Néo-zélandais), de découvrir les merveilles architecturales et gastronomiques des régions rurales traversées : à chaque déjeuner, un château ! Le temps de se ressourcer avant d’affronter les spéciales qui laissent les réflexes des jeunes années d’Ari se rappeler à lui. Et sur le circuit de Charade, sans plus aucune aide électronique, avec un revêtement détrempé, on peut dire que son âme d’enfant revient vite, très vite !

Si le Tour Auto est l’un des rallyes sur route les plus grisants, il est aussi l’un des plus exigeants. Tous les éléments sont soumis à rude épreuve : mécanique des voitures, organismes des concurrents concentrés toute la journée et des équipes d’assistance qui passent chaque soirée sous les châssis.

En ce qui nous concerne, le rôle d’ouvreurs du Tour Auto nécessite ainsi de partir une heure plus tôt que les premiers concurrents ; aucune minute de retard ne sera tolérée, lever à 4h30 conseillé ! Les soirées ne sont pas plus calmes ; après un dîner souvent synonyme de belles rencontres, le bar de l’hôtel s’avère être le lieu idéal pour le débriefing quotidien et la présence d’Ari agit comme un aimant vis-à-vis des passionnés d’automobile. La soirée se termine en anecdotes, comme celle de l’équipage de la Lancia Fulvia 1600 HF de 1972, pas peu fiers d’avoir pu continuer l’aventure malgré un début de semaine chaotique. Ces péripéties leur ont valu de remplacer la boîte de vitesse défaillante par un modèle venu expressément de Laval dans la nuit, monté le matin même, avant de leur permettre de s’élancer de nouveau sur les routes françaises.

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Et les journées ? Si longues qu’Ari ne résiste pas à l’appel des bras de Morphée une fois le déjeuner passé… Une habitude quotidienne qui nous donne la main sur la M2 Compétition Édition Héritage, d’abord en suivant un rythme sénatorial, puis de manière beaucoup plus dynamique une fois notre dévoué (co)pilote émérite réveillé. L’occasion pour lui de nous souffler quelques astuces de pilotage pour peaufiner nos trajectoires (après avoir tout de même reçu ses éloges pour la qualité de la conduite). Et devinez l’un de ses conseils préférés… « Surtout, ne roulez pas trop vite!« 

M.C.