Alors, prêts pour l’été ? Cette parenthèse ensoleillée où l’on s’accorde enfin un peu de temps pour soi. Chez les Grands Ducs, en été, que lit-on, qu’écoute-t-on ? La rédaction vous a préparé quelques pistes en vous ouvrant ses valises… (pour de vrai et sans morceaux de promo dedans) Piochez, il y en a pour tous les goûts !

Par la Rédaction

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Bettina Graziana par Slim Aarons, D.R

Dans ma valise : Kaiser Karl, de Raphaëlle Bacqué 

kaiserkarl

Décidément Raphaëlle Bacqué peut tout écrire. Grand reporter au Monde, elle est capable de suivre l’inénarrable Ségolène, de brosser le portrait de l’ancien directeur de Sciences Po Richard Descoings, ou encore de plonger en immersion au cœur du 93, dans la ville de Trappes. 

Si Kaiser Karl n’a cultivé ses racines alémaniques qu’au travers d’une enfance réinventée et de son accent singulier, il était devenu avant tout un monument parisien à l’aura planétaire. Elégance et décadence des années 1980, entre bouillonnement artistique et mondanités de l’ère Palace, on recroise Warhol, on se brûle dans les fêtes où le tout Paris de la mode se toise et s’étourdit. Bergé et Yves ne sont jamais loin, surtout lorsque débarque le fantasque Jacques de Bascher, unique amour de l’homme au catogan. Une fois de plus, la journaliste nous livre un portrait rythmé, et tout en finesse, de celui qui a emporté avec lui dans la tombe, le mystère qu’il cachait de son vivant, derrière ses lunettes noires…

Dans mes oreilles : Encore un dernier baiser, de Niagara

 Pour la voix enjôleuse de Muriel, son roux incandescent, ses tenues bigarrées et son trait de khôl au ras des cils. C’est tout l’été qui transpire dans ce premier album du duo français qui a depuis belle lurette éclaté en vol. Tout sonne furieusement eighties, et si la jeune génération y puise toujours son inspiration, entre retour de synthé et chansons parlées invitant à la nonchalance, Niagara reste pour moi la référence des ballades sucrées et sensuelles, où l’on attend avec impatience le retour de la plage pour entamer une sieste à l’ombre des persiennes, et où l’on flirte en mordant le parasol d’un cocktail acidulé…

Laurène Bigeau

 

 

Dans ma valise :  Les Miscellanées sportives de Mr.Schott, Ben Schott

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Les éditions du sous-sol l’affirme, il s’agit là d’un « ouvrage pour chacun d’entre nous – du plus combatif, sportif et actif au plus indolent, inactif et oisif (…). Un vade-mecum incontournable pour le sportif, le joueur et le fainéant« . C’est truculent, c’est cocasse. Bref, un amour de (livre de) vacances, absolument délicieux. 

Dans mes oreilles : Miss Right, de Anderson .Paak 

Pour faire partie d’une playlist estivale, une chanson doit pouvoir s’écouter dans trois situations : au volant, le nez au vent et les yeux qui contemplent la route, en soirée pour se dandiner sans que le rythme soit trop effréné… et pour faire l’amour. Essayez Miss Right dans ces trois circonstances, et vous comprendrez… 

Damien Guillou

 

 

Dans ma valise : White, de Bret Easton Ellis

laffont

L’enfant terrible des lettres américaines refait surface avec un premier essai, 9 ans après Suite(s) Impériale(s) son dernier roman (2010). Auto-portraituré en vieil homo rangé des voitures (sur le capot desquelles on l’imagine s’être maintes fois abandonné dans ses années de jeunesse new-yorkaise), l’auteur d’American Psycho porte un regard caustique et lucide sur la société contemporaine où les fameux “millennials” (décrits comme une “génération chochotte”) en prennent pour leur grade. Jouissif.

Dans mes oreilles : The Man, de The Killers

Tout l’été est dans ce titre. L’énergie, la puissance entre rock et funk du groupe mythique de Las Vegas sublimé par le sex appeal incandescent de Brandon Flowers ont fait de ce titre un hit mondial, repris fort à propos dans la bande annonce du film Vice d’Adam McKay. On le consommera sans modération au volant, en s’habillant pour sortir ou entre deux sessions de Kitesurf.

Thierry Richard

 

 

Dans ma valise : La Splendeur des Brunhoff, d’Yseult Williams 

fayard

L’histoire d’une famille française qui a révolutionné la presse de mode, d’arts décoratifs et de photographie, lancé Vu ou encore Vogue en France et créé de toutes pièces le personnage de Babar. Elle fut également un acteur majeur de la Résistance. Avec panache, cette famille risque-tout a secoué la France de la Belle Epoque à la Seconde Guerre Mondiale.

Dans mes oreilles : Bon Entendeur, de Discography 

Ce collectif français fondé par trois copains rééditent avec élégance la chanson française passée et présente. Mais pas que ! Connu pour ses entretiens musicaux mélangeant interview d’une personnalité et morceaux choisis, et pour leur remix « Le Temps est Bon« , ils dépoussièrent la musique de vinyle avec le beat qui convient aujourd’hui. Elégant.

Guillaume Cadot

 

 

Dans ma valise : Mythologies, de Roland Barthes

barthes

Le début de l’été n’est pas encore synonyme de farniente ! Alors sans s’enfermer dans quelque chose de trop prenant, on se replonge volontiers dans les classiques barthiens pour décrypter -avec le recul empirique d’une autre génération- le monde qui nous entoure.

Dans mes oreilles : Hotel California, des Eagles

Les États-Unis de tous les excès comme introduction à la saison la plus débridée. Un classique, enjoué, l’équilibre entre songes du passé et projection des beaux moments ensoleillés que nous offre le début de l’été !

Matthieu Coin

 

 

Dans ma valise : Correspondance amoureuse, entre Natalie Clifford Barney et Liane de Pougy

gallimard

La première était une héritière américaine en vue, l’autre, l’une des plus célèbres courtisanes -dite grande horizontale- de la Belle Epoque. Et si Liane de Pougy aura fasciné par sa grâce (et ses talents charnels), c’est son attirance pour les femmes qui traduit son caractère profond. De cette rencontre, qui donna lieu à une relation passionnée d’un an seulement, sont nées 172 lettres, retraçant un amour voué à l’échec, des espérances des débuts aux désillusions amères.

Cet échange, c’est aussi l’évolution de deux figures de leur temps, deux femmes de conditions différentes. Et tandis qu’elles caressent le rêve d’une possible émancipation, on les observe, souvent rattrapées par la cruelle réalité, en espèces sonnantes et trébuchantes pour l’une, en sacrifices au nom de la liberté pour l’autre… Le portrait d’une époque, en somme.

Dans mes oreilles : Samba Saravah de Pierre Barouh

Faire une samba sans tristesse, c’est aimer une femme qui ne serait que belle… Les rythmes doux quoique légèrement entraînants du « Français le plus Brésilien de France » résument à eux seuls notre été… A mi-chemin entre frivolité et mélancolie, on esquisse un pas du bout des orteils, entre la sieste et l’apéritif.

Elsa Cau

Dans ma valise : La vie secrète des arbres, de Peter Wohllebenarenes

L’auteur est forestier en Allemagne. Il parle du cerveau des arbres, démontre leur capacité à communiquer et venir en aide à leurs congénères en cas de maladie ou d’agression. Un livre à éviter si vous avez à tailler des arbres cet Automne… Ils vivent et tentent de survivre au bûcheronnage !
Patricia Colmant