Ardbeg, c’est pour ceux qui savent, et pour un cercle d’initiés qui cultive l’esprit clanique inhérent au charme de l’Ecosse. Cap sur les landes et les falaises balayées par le vent au sud est de cette île enchanteresse, pour découvrir 5 anecdotes que vous ignorez sans doute sur le whisky tourbé au superlatif…

Par Laurène Bigeau

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Distillerie Ardbeg, D.R.

Brut, sauvage, sans compromis, il n’y a qu’à évoquer le nom de la distillerie Ardbeg pour faire trembler les verres de tout bon whisky lover qui se respecte. D’abord, c’est un « Islay » – à prononcer local « Aïla » – c’est dire qu’il ne s’adresse pas à tout le monde… Un Islay certes, mais dans sa version ultime, comprendre le plus radical en matière de tourbe, une signature qu’il revendique fièrement depuis plus de 200 ans. C’est un peu comme évoquer Lamborghini au cœur d’une discussion sur les cylindrées italiennes, c’est brutal, et ça se passe pourtant toute en douceur, le « peaty paradox » comme on dit.

 

Elle a fait vivre l’île d’Islay…

Née en 1815 et avec plus de 200 insulaires dans ses rangs, la distillerie Ardbeg était au bas mot le premier employeur de l’île à la fin du XIXème siècle. A titre indicatif, elle produisait alors à l’époque plus d’un million de litres de single malt qui étaient acheminés dans le monde entier. De quoi expliquer un attachement fort et inimitable des locaux à leur distillerie, à laquelle chaque famille était indirectement ou directement liée. A ce jour, Ardbeg continue de faire vibrer le cœur des insulaires et de milliers d’amateurs au-delà des frontières écossaises, preuve en est avec le succès indéniable de son évènement annuel baptisé Ardbeg Day, une journée qui vient clore le Feis Isle Festival au printemps, et qui donne également l’occasion de dévoiler une édition limitée annuelle qui se vend à guichet fermée…

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Elle est partie à la conquête de l’espace…

En 1999, c’est une première mondiale : Ardbeg démarre son aventure Galileo en envoyant sur orbite le tout premier whisky au monde qui va maturer dans l’espace. Si l’aventure hors norme de ce whisky peut sembler alambiquée, cette expérience a été grandement utile pour étudier le comportement des terpènes – c’est-à-dire le phénomène d’échanges entre le l’alcool et le bois lors du vieillissement, lequel nécessite obligatoirement de l’oxygène. Comment donc assurer ce vieillissement hors atmosphère ? L’étude a permis de trouver les réponses au travers des 1045 jours passés par la fiole sur la station spatiale internationale. Lunaire vous avez dit ?

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Elle fait de ses accidents des succès retentissants…

L’édition Serendipity relève, comme son nom l’indique, du hasard le plus pur : née d’une fausse manipulation d’un jeune apprenti maison qui mélangea par erreur plusieurs fûts d’Ardbeg avec des fûts issus d’un autre single malt écossais… La distillerie décida de commercialiser le blended malt en le baptisant « serendipity », un terme qui désigne les aléas les plus heureux. Âgé de 12 ans, ce blend fut alors mis sur le marché et ses 16000 bouteilles trouvèrent acquéreur en seulement une poignée d’heures, faisant de lui un véritable collector. Une autre erreur viteeee !

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Elle prend cette année des accents caribéens…

Comme tous insulaires, les Ecossais ont l’âme voyageuse. 2019 est l’année de la chaleur et des influences caribéennes avec la sortie en édition limitée de Drum, le premier single malt maison vieilli dans des fûts de rhum, hommage à la thématique du Feis Isle Festival. Un single malt de couleur or profond, dont l’élevage lui confère des notes gourmandes et chaudes de banane et ananas et des saveurs délicatement fumées d’épines de pin. Un must non filtré qui titre à 46% pour les amateurs de sensations fortes !

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Elle déchaine les passions dans le monde entier…

Avec plus de  120 000 membres issus de 140 pays, la marque fédère à elle seule le plus grand nombre de fans de la planète whisky. Plus qu’un simple club, et même s’il permet d’accéder en avant-première à des ventes exclusives, le Ardbeg Commitee permet avant tout de se retrouver au travers de rendez-vous pour échanger entre passionnés : clanique donc, à l’image de son ADN écossais. Quelques-uns de ces puristes parviennent même à intégrer les comités de dégustation de la marque pour plancher sur l’élaboration des whiskies en cours. Si cela vous tente, vous pourrez peut-être même y croiser des irréductibles qui vont jusqu’à se faire tatouer le A emblématique, inspiré du mythique Book of Kells

 

En attendant de gagner les terres d’Ecosse, ses récifs rocheux bercés par la brume, ses lochs sombres et sa lande agrémentée de tourbières, et puisque l’été indien nous guette, autant jouer du shaker au coucher du soleil et savourer le cocktail maison « when the peat goes on *», pendant que sur la platine s’égrènent les paroles d’un des premiers succès planétaire de Cassius  « I feel like I wanna be….when the sun goes down down »…

 L.B

 

When the peat goes on
4cl Ardbeg Ten
2cl sirop d’agave
2cl jus de citron vert fraichement pressé
4cl nectar de fruit de la passion (Alain Milliat)
8cl de ginger beer (Fever Tree)