Depuis 50 ans, les Rencontres rivalisent d’inventivité pour que chaque opus soit un florilège de révélations, de fraîcheur et d’ouverture sur le monde, faisant d’Arles l’une des références internationales en matière de photographie. Retour sur cette édition anniversaire pleine de belles surprise…

Par Matthieu Coin (texte et photographies)

Déclinaison découvrable du vaisseau amiral « The 8 » de chez BMW, notre M850i est l’alliée idéale pour filer direction le cœur du Lubéron, pour savourer les routes parfumées du pays d’Arles.

A l’instar de son nom de scène, elle impressionne, tout en cachant son jeu. Si l’ancêtre désormais trentenaire de ce nouveau millésime ne fait pas son âge, la Série 8, elle, ne fait pas son poids. L’électronique de haute-volée prend le contrôle et assure le plaisir, rythmé par les relances et le son rageur du V8.

La qualité des matériaux et des assemblages est à la hauteur de ce qu’on a l’habitude de voir dans la Série 7, tout en apportant un côté nettement plus dynamique, avec la volonté de se tenir loin de l’image de ce qui ne serait qu’un gros cabriolet coupé de luxe. En témoignent également les différents choix esthétiques, notamment à l’extérieur, avec une finition M Performance -de série avec cette motorisation- qui en jette ! Le toucher de route est magistral, tant sur de longues nationales que sur de petites départementales, plus sinueuses, que la 8 se fait un plaisir d’engloutir.

Et nous voici à Arles ! Au sein du grand hangar de la Maison des Peintres, prend place Eldorado, l’exposition de Christian Lutz. Sous ses airs faussement festive, quasi hollywoodienne, la série renvoie aux grandes heures de Las Vegas, et de la désormais plus extravagante encore Macao. Derrière ce faste souvent caricatural, la misère et l’inhumanité issues du sillage des drogues, jeux d’argent et autres excès plus ou moins connus de ces villes qui brillent de mille feux. Vertigineux !

La Maison des Peintres révèle également une facette plus intime, matérialisée par une déambulation au sein des ruines d’une maison de village, dans laquelle seuls quelques éléments nous rappellent aux anciens propriétaires du lieu ; tomettes, portions de rampes d’escalier et autres bribes de tapisserie. C’est dans cet univers mélancolique et très personnel que se tient l’exposition conduite par Isabelle Bonnet : Home Sweet Home.

Elle propose une immersion dans l’intimité des maisons anglaises à travers le temps, les différentes couches sociales et les modes. Des lieux d’habitation qui forment autant de cocons aussi caricaturaux que singuliers. Natasha Caruana, lauréate de la résidence BMW 2014, présente à cette occasion quelques clichés de la série The Other Woman, explorant les liaisons que des femmes ont pu avoir avec des hommes mariés ; une belle révélation, aujourd’hui nommée pour le Prix de la Photo « Madame Figaro » Arles 2019.

Si la Série 8 nous accompagne tout au long de ce séjour, c’est que BMW France fête cette année ses 10 ans de partenariat avec le festival. Outre la sensation qu’Arles s’est transformée en un jeu vidéo truffé de l’ensemble des modèles de la marque, ce partenariat est l’occasion de mettre en valeur le soutien culturel dont fait preuve l’entité française de la marque bavaroise auprès d’artistes à la notoriété croissante.

Chaque année, BMW permet à un photographe de profiter de 3 mois de résidence dans le cadre d’un partenariat avec les Gobelins, à Paris. Le travail réalisé prend ensuite une place de choix dans les deux évènements partenaires de BMW France : les Rencontres d’Arles et Paris Photo.

Notre route a ainsi croisé celle d’Émeric Lhuisset, lauréat 2019 de la résidence BMW. Plus encore que celui d’un photographe de guerre, son travail déconstruit la réalité, en la montrant sous un autre angle, loin de celui auquel les reporters photos nous ont habitué.

Difficile de quitter des yeux les montages, les cartes satellites découpées et autres éléments scénographiques ; ces différentes pièces usent de métaphores pour mieux comprendre une réalité difficile à retranscrire. Chez Émeric Lhuisset, la retranscription géopolitique et anthropologique de l’expérience vécue sur le terrain est une prouesse qui convoque aussi bien la photographie qu’une démarche de plasticien.

La série Quand les nuages parleront dépeint une réalité aussi troublante que passionnante, à laquelle personne ne peut désormais plus échapper. Une rencontre touchante, liée à la découverte d’une série qui joue avec nos émotions.

Tiraillé entre deux images fortes que sont le buste repêché de Jules César et l’oreille tranchée de Van Gogh, le bar à vin arlésien Le buste et l’Oreille a poussé les tables le temps des Rencontres.

Et pour cause, Louis Vuitton City Guide y a fait son nid, proposant aux passants de (re)découvrir les différents exemplaires, de Séoul à Rio en passant par Mexico. Il y en a pour tous les goûts, y compris pour ceux qui voudraient en juger la pertinence sans plus attendre puisque l’un des guides est désormais dédié à la ville d’Arles. Notez qu’au-delà des City Guides, ce popup store offre le luxe de se plonger dans la Riviera des 70’s, avec le nouveau Fashion Eye French Riviera – Slim Aarons, un verre de vin à la main !

Pour fêter l’arrivée d’une période pleine d’affluence pour la ville, Arles revêt sa plus belle chemise en lin et se met à flâner au rythme de ses food trucks, activités photo, et DJ sets, prenant un air de fête foraine photographique.

Notre appétit nous mène à la cantine solidaire libano-arlésienne Tawlet Arles, dont la cuisine collaborative est le gage d’un moment convivial avant de se plonger dans la foule, massée devant un DJ set à l’énergie décapante. À conseiller à toutes celles et ceux qui souhaitent connaître l’âme festive qui stimule la ville, sans laquelle les Rencontres ne seraient pas ce qu’elles sont aujourd’hui.

Un court passage, le temps d’une nuit, au Hameau des Baux permet de s’adonner à de vrais moments de détente, desquels on n’aura que peu le loisir de profiter puisqu’il est temps de reprendre la route en direction de la cité papale d’Avignon.

Mais tout de même, l’hôtel donne la sensation d’avoir cédé à l’utopie d’un déménagement en plein cœur de la Provence. Tout y est ; de la place de village jusqu’aux mazets -les habitations locales- en passant par la profusion de lauriers et de chênes centenaires, le hameau est la promesse d’un dépaysement tombant à point nommé.

Si votre coup de cœur se prolonge pour le mobilier, l’hôtel propose même de repartir avec l’une des pièces qui composent les différentes chambres ; Hans Wegner, Pierre Guariche, Charles & Ray Eames, Le Corbusier, Hauville ou encore René Jean Caillette, ici le design est maître.

Notre dernière visite nous mène à l’exposition Imaginaria de Vik Muniz, présentée à l’hôtel de Caumont – Collection Lambert, à Avignon.

L’artiste joue avec les codes du sacré, proposant des œuvres monumentales, accrochées dans une pièce aux murs blancs qui l’est tout autant, comme une ode à la peinture classique. Ce n’est qu’en s’approchant des œuvres qu’on prend conscience de la technique de collage, qui plus est de milliers de morceaux de photos humoristiques, absurdes ou tout du moins étonnantes. Un final à la hauteur de notre séjour, captivant !

Les rencontres d’Arles
Jusqu’au 22 septembre 2019
Tarif toutes expositions : 29 €
BMW 850i xDRIVE Cabriolet

530CH – 750NM – 2 515 KG
0 À 100 km/h en 3,9S
10,0 – 9,9 litres / 100 KM
A partir de 136 700 €
Nos adresses
Hameau des Baux
285 Chemin de Bourgeac
13520 Paradou
Le buste et l’oreille
3 Rue du Président Wilson
13200 Arles