Chiffons et mécaniques vont souvent de pair, et pas seulement au sens où chacun l’entend. Quelques griffes de mode se sont frottées à l’objet automobile, pour le meilleur et souvent pour le pire. Passage en revue des grands méchant looks sur quatre roues.

Par Bertrand Waldbillig

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Santana S410 Courrèges (1986)

Né Suzuki, le Santana S410 « Samouraï » est fabriqué sous licence en Espagne dès 1985. L’année suivante, il s’offre un total look Courrèges à dominante blanche, la couleur fétiche du couturier français qui habillait déjà la Matra-Simca Bagheera Courrèges lancée en 1974.

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Autant dire que la combinaison futuriste qui réussissait plutôt bien au coupé français ne sied pas autant au petit tout-terrain d’origine nippone. Avec ses bandes latérales bleues, son capot argent et ses jantes chromées, ce dernier frôle l’indigestion. Si vous avez 3-4000 euros en poche, du temps pour dénicher un exemplaire pas trop défraîchi ainsi qu’une solide dose d’autodérision, alors le Samouraï Courrèges est fait pour vous.

 

Cadillac Séville designed by Gucci (1979)

La collaboration entre Cadillac et Gucci est un modèle du genre. Relookée par Aldo Gucci, l’un des trois fils du fondateur de la griffe transalpine, la berline américaine est joyeusement tapissée de la fameuse toile monogrammée Gucci : sur le toit, les appuie-têtes, les contre-portes et les accoudoirs, sans oublier la ligne de bagage assortie.

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Disponible en blanc, noir ou brun, la Séville arbore sur son capot un logo Gucci du meilleur effet. Avec une production de seulement 200 exemplaires destinés au beautiful people de l’époque, dont Sammy Davis Jr. et Luciano Pavarotti, le mot de la fin revient à Aldo « j’ai dessiné cette voiture pour offrir à une poignée de clients fortunés un rare objet de distinction, beauté et luxe ultime. » LOL.

 

Mini Paul Smith

Entre l’Austin Mini et le créateur britannique, la collaboration tombait sous le sens. Elle se concrétisa une première fois en 1997 avec deux exemplaires de Mini entièrement revêtus des fameuses (et insupportables) rayures chères à Sir Paul.

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Une seconde fois l’année suivante, à travers une série spéciale produite à 1800 exemplaires, tous en conduite à droite, dont une grande majorité partirent au Japon. Arborant une pimpante livrée bleue, la Mini Paul Smith est également parsemée de touches vert fluo, curieusement réparties : l’intérieur de la boite à gants, le couvre culasse, le tapis de coffre… On peut trouver cela amusant, ou juste moche, selon ses goûts et son humeur.

 

Mercedes CLK 500 Giorgio Armani

A l’automne 2003, pendant la fashion week de Milan , Giorgio Armani et Mercedes présentent un cabriolet CLK aux couleurs du couturier italien. Face au succès rencontré, une petite série de 100 exemplaires est lancée l’année suivante.

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A l’extérieur, elle se distingue par une teinte gris sable satinée presque mate. Si, fort heureusement, les peintures mates ont pris du plomb dans l’aile, il faut avouer que le résultat est ici séduisant. L’intérieur est garni d’un harmonieux mélange de cuir cognac et toile grise, dans le style « sobrement luxueux » typique de la maison Armani. Uniquement proposé avec un V8 développant 306 cv, le CLK Giorgio Armani est déjà un collector qui se trouve pour environ 40000 euros.

 

AMC Javelin Pierre Cardin

Génie visionnaire et touche à tout, Pierre Cardin ne pouvait passer à côté de l’objet automobile. Il fut même un pionnier de ce genre de collaboration puisque l’AMC Javelin eut droit à sa série spéciale « Pierre Cardin » dès 1972.

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Et avec succès, puisque la version relookée du coupé américain fuit produite à plus de 4000 exemplaires en seulement 2 ans d’existence. Elle se distingue essentiellement par sa sellerie spécifique au motif psychédélique qui s’étend jusque sur les contre-portes et le ciel de toit. Le couturier français a également prêté son nom à une version modifiée du coupé Cadillac Eldorado en 1981. Une voiture somme toute très ingrate, produite à une dizaine d’exemplaires.

 

Smart Fortwo Jeremy Scott

Le sommet du ridicule est atteint en 2014 avec une série limitée de Smart affublées d’ailes en lieu et place des custodes arrières. Le modèle d’origine n’étant déjà pas un premier prix de beauté, il est difficile de parler de sacrilège. Mais laisser carte blanche ou presque au styliste américain Jeremy Scott n’était surement pas l’idée du siècle. Ou alors pour le buzz uniquement.

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On ne sait pas combien d’exemplaires furent fabriqués sur les 200 annoncés… Il serait pourtant intéressant d’apprendre combien de personnes ont pu débourser trois fois le prix d’une Smart « de base » pour s’afficher au volant de cette petite horreur.

B.W.