Si nous sommes tous à peu près tous de mèche avec les bougies parfumées, nous avons tendance à moins privilégier les vaporisateurs et les autres supports parfumés. Ils permettent pourtant une diffusion souvent plus efficace et se déclinent eux aussi en une grande variété de fragrances… Qui ne manquent pas d’originalité ! Inspirés de lieux, d’œuvres d’art ou de sensations, voici nos 5 coups de cœur.

Par Guillaume Tesson

nez

Le plus littéraire : Ernest, de Jardins d’écrivains

ernest

Hemingway s’est longtemps barricadé dans une villa coloniale sur les hauteurs de La Havane. On ne peut y pénétrer mais la maison s’observe de l’extérieur, permettant de voir depuis les fenêtres ouvertes son bureau (avec le tampon encreur prêt à dégainer «je ne réponds jamais au courrier »), le jardin où il enterra ses chiens et la piscine à l’abandon où Ava Gardner se baigna nue… L’atmosphère exotique des lieux est suscitée avec talent par cette création d’Anaïs Biguine, associant le frangipanier, le jasmin, la fleur de bananier, le cédrat, le palo santo et le santal. Pour donner à son salon un air de jardin d’hiver.

L’alternative 

Dans la même collection, Dickens offre un côté londonien suranné (épicéa et oud).

Vaporisateur 500 ml, 80 €.

 

 

Le plus aristo : Solis Rex, de Cire Trudon

cire trudon

N’importe quel deux-pièces parisien aux lattes de bois émoussées peut désormais se targuer de tutoyer la Galerie des Glaces de Versailles. Ce Solis Rex s’inspire des parquets cirés du fameux Château, offrant des facettes résineuses et d’agrumes, relevées d’encens. Chic absolu : opter non pas pour le vaporisateur (pourtant magnifique) mais pour la Promeneuse Trudon, réceptacle chauffant dans lequel il suffit de déposer religieusement un camée parfumé.

L’alternative 

Le camée Spiritus Sancti, pour donner un air de chapelle surchargée d’angelots à votre garçonnière.

La Promeneuse : 280 €

La recharge de 4 camées : 25 €.

 

Le plus sexe : Cuir, de Molinard

molinard

Alors là, c’est assez inattendu. Une maison grassoise respectée depuis 170 ans, égrenant des classiques pour la peau (Habanita, premier oriental de la parfumerie créé en 1921) et une collection assez sage de fragrances pour la maison (Thé Basilic, Vanille…).

Parmi ces dernières : Cuir. Le premier splash plonge la pièce dans une atmosphère très « club », avec fauteuils patinés et effluves liquoreuses qui réchauffent. Mais en quelques heures, surtout après vaporisation sur tissu (rideaux, plaid…), un musc animal domine soudain, évoquant une fourrure presque négligée… Addictif en diable. On peut en asperger son foulard ou le fond de son sac 48 h avant le départ pour Venise. La veille, c’est mieux, pour que les muscs aient le temps d’affûter leurs papattes coquines.

L’alternative 

Le spray 170, aux notes plus civilisées, voire distinguées : orange, patchouli, cèdre, bois d’agar et tabac.

Spray 100 ml, 32 €.

 

 

Le plus arty : Saint-Joseph Charpentier, de Buly 1803, collection Le Louvre

buly

La maison Buly 1803 a confié à des nez la création de parfums (de peau) inspirés par des œuvres majeures du Louvre, comme la Victoire de Samothrace, la Vénus de Milo… Parmi celles-ci, un Saint-Joseph Charpentier mettant harmonieusement en scène la fleur d’oranger, l’ambre et le vétiver.

Pour en embaumer la maison, Buly 1803 a eu la bonne idée de créer l’alabastre, une pierre poreuse transportable dans laquelle le parfum se diffuse sans vapeur ni chauffage, de pièce en pièce.

L’alternative 

La senteur plus féminine et plus douce de La Vénus de Milo (néroli, jasmin, magnolia et bois sacré).

Alabastre : 75 €, recharge incluse.

 

 

Le plus théâtral : Odeur du Théâtre du Châtelet, Acte I, de Comme des Garçons

chatelet comme des garons

À quoi peut bien ressembler l’odeur d’un théâtre, à part, peut-être, le Shalimar sur lequel votre voisine de droite a eu la main lourde et l’haleine trahissant le verre de Brouilly dégluti à la hâte à la brasserie d’en face par son mari ? Plus sérieusement, Comme des Garçons a demandé à Caroline Dumur d’envisager l’âme olfactive du Châtelet. Le poivre, l’héliotrope, la fleur d’oranger, la tubéreuse et le musc mènent ici la danse pour un résultat élégant et chaleureux, à porter directement sur peau (puisque c’est sa vocation initiale), ou pourquoi pas à vaporiser sur sa chaise de bureau ?

200 ml, 120 €.

L’alternative 

Nightclubbing, chez Céline, propose un hommage aux années Palace (un tout autre théâtre avec de tout autres acteurs…) imaginé par Hedi Slimane. Lui aussi conçu pour la peau, ce jus envoûtant et mixte met en scène l’époque révolue des lunettes noires pour nuits blanches. Il suggére un sillage de fumée de tabac blond imprégnant un sofa de velours fatigué par le poids des étreintes et le frottement d’épidermes tendres aspergés d’une vanille aguicheuse.

100 ml, 190 €.

G.T