En 1962, Henri Verneuil envoie Alain Delon et Jean Gabin jouer une mélodie en sous-sol avec en fond la Riviera, sur des textes de Michel Audiard. Un pur polar à la française avec casino qui scintille, lunettes de soleil, jolie pépées et bien sûr les deux monstres du cinéma, le vieux singe et le jeune insolent, le duo Gabin-Delon pour l’éternité. De quoi nous donner des envies d’été.

Par Guillaume Cadot

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Mélodie en sous-sol, c’est quoi ? L’histoire d’un petit truand, Francis (Delon), enrôlé par un gangster, Monsieur Charles (Gabin), sortant de prison pour s’attaquer à ce qui serait son dernier casse, le casino du Palm Beach de Cannes, avec l’aide de son chauffeur (Biraud).

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Nul besoin d’un énième grand discours stylistique quant aux costumes de Gabin, ou à l’élégance du voyou Delon. On vous fait simplement l’honneur de la tirade au cordeau des deux protagonistes, signée Audiard bien sûr… 

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« Dis donc fiston comme on parle chiffon, va falloir que tu t’habilles !

– Moi j’ai rien contre, j’connais justement un petit tailleur hongrois drôlement capable…

– Et ben si ça t’fait rien, on laissera tomber ton artiste et on ira chez l’mien.

– Tu sais que t’es sapé comme un banquier ? Enfin moi, c’est comme ça que j’les vois…

– Peut-être mais pour toi on fera la coupe fils de famille, j’te donnerai les fafs de ton nouveau pedigree. »

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Ce film hommage, c’est l’évocation d’une Riviera printanière disparue, d’une Côte d’Azur séduisante, pas encore ravagée par des hordes de touristes en shorts et tongs, où le barman de la plage était en croisé blanc, où il y avait des cabines de plage carrelées, où le casino n’acceptait que les hommes en smoking et les femmes élégantes.

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Le chic et massif Jean Gabin prend en main le jeune Delon dans son éducation, qu’il s’agisse de la préparation d’un casse ou de la gestion de sa garde-robe. Un vestiaire maîtrisé, en peu de pièces, mais qui font l’essentiel de l’homme en villégiature : costume droit gris moyen au tissu léger (le Fresco est celui qui laisse passer l’air), chemise blanche et cravate tricot noire, smoking classique, blazer bleu foncé et polo Merinos noir (si, si), short de bain et serviette colorée, pantalon clair. Et bien sûr, un vieux cabriolet italien.

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Le printemps est là, les terrasses sont revenues et le style n’attend pas ! Prenez de la grandeur, ajustez vos lunettes de soleil, et jouez l’habitué comme le conseille Monsieur Charles à Francis, qui admire la baie de Cannes : « T’extasies pas sur la mer, elle a toujours été là. »

G.C