La convivialité demeura dans nos gènes quoiqu’il advienne, et si on l’avait oublié, le confinement s’est chargé de nous le rappeler… Notre gourmandise, elle aussi, est bien de l’équation !. Côté eaux de vie, le goût pour la dégustation mais aussi pour la production demeure plus que jamais un marqueur  de notre culture. En parcourant une carte de France des distilleries, le constat est flagrant : il existe un peu partout dans l’hexagone une multitude de jeunes artisans distillateurs, entrepreneurs débrouillards, passionnés de bons flacons… Et de leur terroir. Inventaire non-exhaustif de ces jeunes pousses. 

Par Yves Poupon

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1. En Charente, Madame vodka, responsable avant tout

Elle est apparue sur le marché français il a un peu plus d’un an. Madame Vodka rassemble les atouts d’un spiritueux responsable, éco certifié, sans gluten puisque distillé sur une base de… quinoa. La graine, récoltée dans la Vallée de la Loire par une coopérative partenaire, limite ainsi l’empreinte carbone du projet. 

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Derrière Madame Vodka se cache Cyrielle Arnold, qui, il y a peu encore, déroulait un plan de carrière dans le secteur bancaire. Désormais à la tête de sa propre maison de spiritueux, la trentenaire joue dans la cour des grandes marques mondialisées… Ce qui laisse de marbre la principale intéressée, tant l’enjeu est ici de donner un sens responsable au spiritueux. 

Celui-ci se déguste volontiers en cocktail ou sur un lit de glace. Une distillation en alambic charentais développe son onctuosité presque crémeux en bouche. Très souple, la vodka exalte de délicates notes de fleur de châtaignier ou de noix de pécan toastées. Une belle référence élégante, simple et bien sûr, responsable.

 

2. Malouins gin, comme un goût d’iode bretonne

Des valeurs que l’on retrouve aussi dans le projet de Charlotte et Thomas Jourdan. Installés aujourd’hui en Bretagne, non loin de Saint-Malo, le couple vient de lancer le Malouins gin.

Auparavant propriétaire d’un restaurant dans le 17ème arrondissement de Paris, les ex-parisiens raccrochent les casseroles et plongent tête la première dans les spiritueux. 

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L’envie d’y glisser un peu des sensations iodées de la côte d’emeraude leur vient à la suite de leur rencontre avec Lenaick Lemaître à la tête de la distillerie Naguelann, elle aussi proche de Saint Malo. 

La recette convoque la genièvre, le coriandre, les zestes de citron et l’orange. Voilà pour la base. C’est l’ajout d’extraits d’algues (kombou, varech…) récoltées à la main le long de la côte d’Emeraude, qui confère une délicieuse sensation iodée en bouche. Vif et gourmand à la fois, c’est le compagnon idéal en tonic ou pourquoi pas sur quelques glaçons accompagnés de belles huîtres.  Carte postale bretonne garantie !

 

3. Eaux de vie Alambic Bourguignon, la Bourgogne en héritage

Passion et créativité également du côté de Beaune, où un ancien cadre de chez Pernod Ricard a posé ses valises. L’ambition est ici de développer une gamme de spiritueux artisanaux, à contre-courant de la culture mondialisée de ces dernières décennies. 

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Local avant tout, Matthieu Sabbagh propose une gamme d’eaux de vie qui empruntent la technique au savoir-faire traditionnel de la distillation. Entre deux variations d’eaux de vie locales, autour du terroir Bourguignon (Fine et Marc de Bourgogne), se glisse une eau de vie de Poire et un succulent gin distillé dans un alambic ambulant, traditionnellement utilisé dans nos différents terroirs français.

Et pour couronner ce beau remploi de la tradition, la mise en bouteille se fait dans des flacons d’apothicaires, scellés d’une coiffe de cire différente selon la famille de spiritueux. Simple et élégant. Prêts à redécouvrir le terroir ? 

Y.P