Ils sont souvent quadras, dans le vent et n’ont pas froid aux yeux. Artisans dans l’âme et nourris de la fibre entrepreneuriale, leur dada c’est de dépoussiérer les alcools anciens. Audacieux, culottés, inconscients ? Seul l’avenir le dira. Passionnés et à l’énergie contagieuse, c’est certain ! Deuxième interviewé de notre série, Jean-Robert Bellanger a renoué avec ses origines italiennes pour lancer Amaretto Adriatico, des amaretti élaborés à base d’amandes naturelles en provenance des Pouilles. Portrait de ce nouvel artisan des spiritueux.

Par Laurène Bigeau

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Du digital aux spiritueux

Il a de ses origines la tchatche et le physique du brun ténébreux que l’on imagine parler avec les mains et capable de tout vous vendre, avec le sourire… Si son nom sonne on ne peut plus français, ce volubile quadra natif de la Mayenne avait plus jusqu’à présent traîné ses fonds de culotte en Bretagne que le long du Tibre.

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Jean-Robert Bellanger a possédé mille vies et parcouru mille pays. Passionné de musique il fait ses premières armes dans le « digital entertainment » en développant des réseaux comme Myspace, puis en intégrant le groupe Lagardère pour y développer les chaines MCM et Europe 2 TV. C’est chez Red Bull France qu’il s’attelle ensuite à monter le pôle digital avant de partir pour Singapour.

Au bar d’un A380, il fait la connaissance du CEO de la marque d’horlogerie Tag Heuer, son profil dynamique séduit immédiatement le dirigeant qui le prend sous sa coupe pour lui confier le redressement de la marque à Genève.

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Le besoin d’un changement de vie

La quarantaine pointe le bout de ses premières rides et amorce les velléités de changement de vie. Jean-Robert tombe amoureux d’une Italienne qui deviendra son épouse,  native des Pouilles. Elle lui fait découvrir cette région aux charmes multiples et il commence alors à se passionner pour un de ses produits emblématiques : l’amande…

« Petit, ma mère me préparait des tiramisu avec un goût unique, et dont le secret résidait dans quelques gouttes d’amaretto » – Jean-Robert Bellanger

Il en achète par kilos et se met les torréfier chez lui alors qu’il vit encore en Suisse. Ses copains lui passent commande, il s’amuse à dire qu’il devient alors un véritable « dealer d’amandes ». Alors qu’il célèbre ses quarante ans dans les Pouilles, il réalise qu’il ne veut plus repartir au bureau et annonce à la tablée qu’il plaque tout pour lancer son projet d’amaretto.

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Pourquoi l’amaretto ? « Je suis franco-italien, ma mère me préparait petit des tiramisu avec un goût unique, et dont le secret résidait dans quelques gouttes d’amaretto« , au-delà du simple volet Madeleine de Proust lié à la Mamma, les amis de Jean-Robert le confortent dans l’idée.

Le tour du monde des amaretti

Il fait alors le tour de la botte pendant 6 mois, et dresse le constat que les amaretti qu’il goûte sont généralement beaucoup trop concentrés en sucre et que la qualité des amandes destinées à leur élaboration est bien souvent médiocre. 

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Son souhait ? Produire un vrai amaretto premium, naturel et possédant une trame organoleptique différente de ce qui existe jusqu’à présent. C’est en Bourgogne, à Dijon, qu’il réalise ses premiers essais avant de se baser au cœur des Pouilles dans le village de Putignano non loin d’Alberobello, pour y réaliser l’intégralité de sa production.

Il commercialise ses premières bouteilles sous le nom exotique d’Amaretto Adriatico en août 2019, à quelques mois de la sortie de celles de Sab’s (dont on vous parlait ici).

Le pari : rendre à l’amaretto ses lettres de noblesse

Avec Amaretto Adriatico, Jean-Robert a souhaité remettre non pas l’église au cœur du village, mais l’amande au cœur de la recette et c’est un pari un peu fou que celui de repositionner ce produit ancestral italien sur la scène du traditionnel aperitivo.

En France, si ce dernier est encore loin de nos habitudes de consommation, pêchant notamment par son côté sucrailleux, les traditions de nos amis transalpins deviennent parfois de véritable success story : il n’y a qu’à se pencher sur l’engouement pour le spritz ! Moins sucré, avec une pureté aromatique incroyable, l’amaretto de Jean-Robert a déjà su séduire les palais exigeants des acheteurs de la Grande Epicerie de Paris en passant par Nicolas Juhlès et bien évidemment le temple de la botte, Eataly Marais.

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La recette traditionnelle d’amandes torréfiées macérées dans de l’alcool avant distillation et ajout d’infusion cannelle, café coco et fleur de sel s’est même vue enrichie d’un Amaretto Bianco : ici les amandes sont dépouillées de leur peau, broyées en poudre laquelle macère dans de l’alcool avec de l’eau, du sucre, de l’huile essentielle de vanille ainsi qu’une touche secrète, de quoi jouer du shaker ou siroter facile en version on the rocks…

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Fan d’automobile, le grand-père de Jean-Robert a même engagé plusieurs Sauber BMW dans les années 80 aux 24 heures du Mans. Le quadra a fait d’une petite Fiat 500  l’égérie de sa marque, une manière d’attirer immédiatement la sympathie, mais également de transpirer à elle seule le coté dolce vita indissociable de l’Italie. Jean-Robert fourmille de projets en tête, et sa créativité ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin, ne dit-on pas après-tout « qui va piano va sano e va lontano ? »…

Où trouver ses produits ?

A la Grande Epicerie
Chez Eataly dans le Marais
Chez Nicolas Julhès

Amaretto Adriatico (28°) et Amaratto Adriatico Bianco  (16°)  : prix conseillé 34€ TTC